24 janvier 2009
primum vivere

...deinde philosophare.
*
à bientôt !
*
.
Photo Andreas Stridsberg
prière...

...de ne pas déranger.
15 janvier 2009
qui te caressent comme des mains

Les mots divins,
les
mots en vain,
Les mots de plus, les motus
Les mots pour rire, les mots d'amour
les mots dits pour te maudire
Les mots bruissants comme des rameaux
les mots ciselés comme des émaux
la faim de mots, la soif de mots
Qui disent quelque chose
Les mots
chéris qui sur mes lèvres
N'ont pas trouvé leur place
Les mots muets, les mots buée
Comme un baiser sur la glace
les mots bouclés, clés de l'espace
Les mots oiseaux qui laissent des traces
Les mots qui tuent, les mots qui muent
Les mots tissant l'émotion
Les mots pâlis, les mots salis
les mots de prédilection
Les mots qui te caressent comme des mains
Les mots divins, les mots devins
Les premiers mots
La fin des maux
*
Claude Nougaro
13 janvier 2009
replis

Les mots enfouis,
nichés,
protégés.
Timides,
apeurés,
honteux.
Eblouis,
ahuris,
interdits.
Joueurs,
légers,
désespérés.
11 janvier 2009
stop au massacre

Les
centaines de milliers de personnes descendues aujourd’hui dans les rues n’influenceront
sans doute pas Israël qui continue le massacre.
Mais
comment se taire ?
Comment
ne pas se sentir soi-même « massacré » par cette détermination
aveugle et inhumaine à pilonner un peuple prisonnier, privé de nourriture, de
soins, de droits ?
Comment
ne pas comprendre (et craindre) que la colère se propage partout et
provoque d’incontrôlables violences ?

(photo Nérilka)

09 janvier 2009
born to be wild

Get your motor runnin'
Head out on the highway
Lookin' for adventure
And whatever comes our way
Yeah Darlin' go make it happen
Take the world in a love embrace
Fire all of your guns at once
And explode into space
I like smoke and lightning
Heavy metal thunder
Racin' with the wind
And the feelin' that I'm under
Yeah Darlin' go make it happen
Take the world in a love embrace
Fire all of your guns at once
And explode into space
Like a true nature's child
We were born, born to be wild
We can climb so high
I never wanna die
Born to be wild
Born to be wild
*
Steppenwolf
(Words and music by Mars Bonfire)
Découvrez Steppenwolf!
nuit à quai

Fermeture
des écoutilles.
Comme
j’aimais le faire, l’hiver, sur le vieux voilier.
Toute
seule ou presque dans le port désert, au milieu de la forêts des mats qui
sifflaient et tremblaient dans le vent.
Toute
seule dans le ventre chaud du bateau hermétiquement clos, protégée du gros
temps qui se déchaînait tout autour et qui venait gifler les hublots.
Se
fermer aux autres pour mieux lire en soi.
Pour
faire taire les sirènes et les loups. Les mille voix contraires qui brouillent
les cartes, qui font perdre la tête, qui électrisent le corps ou affolent le
cœur.
Se
détacher aussi des mains amies, qui même avec meilleures intentions du monde ne
pourront jamais trouver les réponses à ma place.
Une
certitude m’apparaît déjà. Je ne
retournerai pas en arrière, je ne cèderai pas au beau démon tentateur. Tant pis
pour les sensations fortes, pour le vertige de la chute, pour l’extase de la
fange.
Et
nulle morale dans ce choix.
Mais
j’ai goûté à l’ivresse des sommets.
J’ai
découvert que le plaisir ne se paye pas toujours en larmes.
Et
qu’on peut ramper sans se salir. Sans se trahir.
Ramper
et sourire.
Ramper
et grandir.
J’ai
fermé les yeux.
Ouvert
les oreilles de mon cœur.
Entendu
de la musique,
Le
galop d’un cheval,
Le
moteur d’une moto,
Le
froissement des pages d’un livre,
Le
rire d’un enfant,
Le
crépitement d’un feu dans une cheminée,
Le
lent glissement d’une corde qu’on déroule,
Le
vent dans un bosquet de noisetiers,
Le fracas des vagues sur les rochers.
C'est là que je veux aller.
Vers la clarté.
Vers la confiance.
Vers le plaisir sans la peur.
08 janvier 2009
des hauts et débat

L’heure
est grave.
Mais
non ! Tu dramatises !
C’est
dangereux.
Oui
mais si bon...As-tu oublié ?
C’est
le passé. J’ai changé.
Ah
oui, super, le pyjama en pilou. A quand la chaufferette ?
Tes
chaînes sont glacées.
Et brûlantes. Tu préfères la tiédeur de tes amourettes confortables ?
05 janvier 2009
éclair

Il n'y
a pas d'autre art que l'art amoureux.
C'est l'art souverain de la lenteur et de
la vitesse.
C'est l'art de susciter un éclair,
sans jamais l'arrêter en l'orientant vers nous.
*
(Christian Bobin)
04 janvier 2009
l'an 9

Photo Armands Grundmanis
Bon, c’est bien joli
tout ça, mais les festivités sont finies et il est temps de penser aux choses
sérieuses et aux bonnes résolutions. Il ne s’agit plus d’exprimer
des gentils vœux à « large spectre » et qui n’engagent à rien,
mais d’envisager concrètement le futur proche.
Pffff...
Gros soupir.
Rien de simple ni de
facile ne se profile à l’horizon.
Pas de chevalier blanc
venu m’enlever sur son fier destrier pour m’attacher au radiateur dans un
douillet donjon. Sans doute occupé à bricoler sa moto en buvant des bières, ce
con.
Pas grave.
La chevauchée fantastique
n’est pas au programme de l’année.
Mieux à faire de ma vie
que d’être toujours sur la selle arrière.
Je n’ai besoin de
person’ sur mon vélo-Davidson’...
Enfin... heu... ça fait
partie des objectifs prioritaires, justement.
Ne plus dépendre d’une force
« extérieure » pour avancer.
Ne plus seulement
dépendre d’un regard aimant pour exister.
Ne plus avoir peur de
tout perdre en étant moi-même.
Ne plus confondre sens
de l’adaptation et résignation.
Trop vaste et ambitieux
programme, ricanez-vous peut-être, pourquoi ne pas y rajouter la paix dans le
monde et la juste répartition des richesses, tant qu’elle y est ?
Dubitatifs et négatifs,
je vous emmerde.
Une vf en marche est
capable de TOUT.
J’ai beaucoup de chance,
je le sais.
Quelques belles et précieuses
cartes dans mon jeu.
Des
« veilleurs » attentifs qui me protègent et me guident quand mes
ombres m’aveuglent.
Des bras solides qui
m’entourent, des mains tendues qui ne se sont jamais dérobées.
Des fées, mes amies, mes
filles, qui s’obstinent à m’aimer follement, moi le courant d’air toujours trop
amoureuse pour leur donner assez de temps, assez de moi.
Et puis cette passion,
Et j’ai aussi ma tête et son neurone,
deux bras et deux jambes
encore en assez bon état.
Et ce fichu cœur qui
bat, qui bat.
Qui déborde, qui
bouillonne comme une source chaude.
Qui aime et qui désire,
qui veut embrasser
l’Art, l’Homme, l’Invisible.
Mais qui palpite aussi comme
celui d’une biche énamourée en recevant deux gentils mots idiots sur un texto.
Alors y’a pas à
tortiller.
Tout fonctionne.
Plus d’excuse à trouver.
Je pourrais ne rien
vouloir, je pourrais ne rien pouvoir,
mais ce n’est pas le
cas.
Je veux, alors je peux.
Et pas demain ni l’année prochaine.