29 septembre 2009
demi-saison

25 septembre 2009
no minée
C'est avec un peu de retard (parce que j'avais "oublié" de lire mes mails pro...no coment, merci) que j'apprends que j'étais nominée (et invitée à Paris !) par le site Rue 69 qui organisait le 21 septembre Les Prix du Désir, à l'occasion de leur premier anniversaire. Mon bouquin "La croisière des esclaves" concourait (avec 4 autres livres) dans la catégorie :
Le livre qu'on lit d'une seule main car l'autre est occupée.
La classe, hein ? Je suis trop fière :-)
Bon, c'est sûr, c'est dommage, si je l'avais su avant vous auriez pu voter et peut-être me faire remporter une superbe chenille vibrante dorée.... (le titre a été emporté par mon boss : La jument, d'Esparbec)... Mais tant pis, je suis ravie quand même. Et flattée. Je n'écris pas ces livres pour une autre raison : qu'on les tienne d'une seule main.

(et merci aux 42 votants si un jour ils passent par ici !)
24 septembre 2009
no pain, no gain (zi end)

Longtemps cette nuit-là, incapable de
trouver le sommeil, j’ai fixé le carré de ciel qu’un lointain lampadaire
orangeait un peu, essayant d’imaginer ce que serait ma vie en expatriée, dans
ce pays qui me faisait tant fantasmer, derrière cette frontière qui m’obsédait.
N’exister que par, et pour, Lui.
Vivre à l’ombre de son ombre,
Dormir sur la carpette, nue, avec juste un collier de cuir.
Sans oreiller moelleux. Sans bras autour de soi. A la merci des araignées et
autres affreux rampants.
Mais était-ce vraiment ce dont j’avais
envie ? De ne pas me reconnaitre dans le miroir ? De fermer les yeux
pour ne plus voir cette inconnue bizarre ?
A un autre regard.
A un passeur qui ne m’a pas emmenée vers les rochers en
agitant sa lumière dans le noir.
A son sourire fier quand j’ai levé la tête et affronté notre
reflet sans ciller.
Au calme après la tempête.
A mes yeux comme éclaircis par tant de pluie.
A ces humains qui avaient croisé mon chemin,
A ces hommes,
à cet homme,
vers lesquels je devais me hisser, qui m’obligeaient à
grandir pour les atteindre.
Qui ne s’intéressaient pas à mes vilainies, ou ne s’en
contentaient pas.
Qui ne se servaient pas de mes faiblesses pour imposer leur
force.
Qui n’attendaient pas le pire, si facile pour moi à leur
fournir.
Qui refusaient que je m’efface, qui exigeaient que je les
regarde en face.
Qui avaient l’absolu sadisme de me forcer à être libre. Et forte.
Qui posaient toute éventuelle récompense en haut de la
montagne,
pas au fond d’un gouffre où je n’aurais eu (et ne demandais) qu’à
plonger.
Ces hommes qui m’apprenaient à ne pas confondre voyage à
grands frissons et fuite en avant, à la recherche du Grand Oubli.
Même Lui, qui
n’était pas parti sans me protéger d’un pacte à vie, comme ceux que signent les
enfants avec leur sang, et qu’il m’empêchait régulièrement d’oublier.
Etre en mouvement. Ne pas se statufier, ni se cacher. Ni
se faire un doux nid dans le renoncement.
Soudain, sur la table de nuit, mon
téléphone a vibré. Une réponse, un signe du destin, forcément, me suis-je dit
en tâtonnant dans le noir pour l’attraper.
« G adoré. Kan esk kon remé
ça ? »
Ah. Le récréatif sodomite
trop poseur de questions. Il tombait bien, celui-là. Juste à temps pour profiter aussi des
conclusions de ma réflexion. Et de mon silence, donc, qui serait une réponse
suffisamment explicite.
A la fois exaltée et comme éreintée par la frontière que je
venais de franchir, toute seule et immobile dans mon lit. J’avais l’impression
d’avoir escaladé une paroi et découvert un panorama à l’horizon vertigineusement
éloigné, accessible par un chemin escarpé et tourmenté, qui traverserait sans
doute marécages et déserts d’épineux,
Pas un pays tropical du bout du monde.
Pas un lointain Homme Idéal.
Juste ma vie.
Dire ces mots, un jour, sans avoir à rougir ni retenir ses larmes.
*
18 septembre 2009
tatoo

16 septembre 2009
no pain, no gain (again)

Le soir venu,
cette question me tourmentait encore. Impossible de l’oublier. Elle tournait
dans mon esprit comme une mouche enfermée.
Je me suis installée à mon bureau, j’ai allumé mon
ordinateur.
Aucun message de Lui. Pas étonnant, mais je regardais
encore, comme par réflexe.
En premier, toujours, avant mes autres boîtes à mails.
Les mois et les années qui passaient n’y changeaient rien.
«
Ils sont rares, les passeurs de
frontière. »
Repenser à cette belle phrase de Katherine Pancoll n’était
pas pour me remonter le moral, mais elle tournait et retournait, elle aussi,
comme la mouche du petit garçon sous les ronciers.
Putain, j’en avais pourtant fait, des beaux voyages. J’avais
gravi les dunes du Sahara et des volcans vivants, navigué et plongé dans les
plus beaux océans, bouffé de l’iguane avec des guerriers Antandroy, dormi dans
des palaces et sur des plages désertes, contemplé en vrai les merveilles du
monde.
Et mon beau capitaine n’attendait qu’un signe de moi
pour remettre les voiles, je le savais.
Mais non.
Rien à faire.
Ca ne me faisait pas vibrer.
Pas autant que l’envie de passer encore et encore LA frontière.
(à suivre)
15 septembre 2009
Jaurès et Brel by Zebda
"Le courage, c'est d'aimer la vie et de regarder la mort d'un regard tranquille.
C'est d'aller à l'idéal et de comprendre le réel.
C'est d'agir, et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l'univers profond, ni même s'il lui réserve une récompense.
Le courage, c'est de chercher la vérité,
et de la dire.
C'est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe,
et de ne pas faire écho de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques."
Jean Jaurès
09 septembre 2009
no pain, no gain

C’était une petite incursion dans le monde du sexe « « normal » ». Une simple sieste récréative avec un collègue
de travail, dans un hôtel du quartier.
Il était bel homme, tendre et énergique, nous passions un moment
agréable.
Redécouvrant les usages en cours chez l’hétéro de base et craignant de
commettre une gaffe, je me laissais faire sans trop oser participer, presque en
spectatrice.
Ma relative passivité ne semblait pas lui déplaire. Et vas-y que je te
tourne, te retourne, te plie et te déplie dans tous les sens.
Assez vite, il a grimacé et lutté contre l’imminence de sa jouissance. Il
donnait quelques coups de reins puis se retirait, essoufflé, un peu hagard,
grognait que c’était trop bon, qu’il voulait faire durer. Il changeait de
position, s’occupait de mes seins, ou de ma bouche, puis revenait, lentement, profondément,
les yeux fermés, en se mordant les lèvres pour ne pas gémir trop fort.
A un moment, il a presque bondi à l’autre bout du
lit, en me fixant comme si j’étais le diable en personne.
- Pause obligatoire !
J’ai souri pendant qu’il reprenait son souffle et me lançait que c’était
moins une, qu’on avait frôlé le précipice. Parle pour toi, bonhomme, ai-je pensé. Si tu
savais dans quels paysages j’ai voyagé, à quels abysses j’ai échappé. Aucun
danger pour nous deux dans cette petite balade en terrain plat.
Il s’est étendu sur le dos et m’a attirée sur lui, juste allongée, sans
faire jonction.
- Tu veux que je te sodomise ?
Sa main glissait, le bout de ses doigts effleurait ma raie. Les joues
brûlantes, j’ai secoué la tête en déclinant poliment l’invitation. Je crois
même que j’ai bredouillé non merci.
- Pourquoi ? T’aimes pas ça ?
Tout doucement, il continuait sa légère exploration, parcourant ma fente
plus haut et plus bas, mais restant à proximité, caressant l’orée, passant et
repassant au centre.
Oh, le con. La question à mille balles, rien que ça.
J’ai enfoui mon visage dans son cou en murmurant
que non, puis j’ai écarté les cuisses et soulevé mon bassin pour m’enfiler sur
lui et clore la conversation.
- Ce…ce n’est pas grave, a-t-il lâché d’une voix un
peu hachée. Ce…ce que tu me fais en…en ce moment…n’est pas mal non plus.
Quelques secondes plus tard, j’en jurerais, il avait oublié sa
question. Les bras en croix, les yeux
renversés, il gémissait des choses à moitié inaudibles, dont il ressortait, si
je comprenais bien, qu’il ne répondait plus
de rien.
(à suivre)
04 septembre 2009
Willy Deville
Willy DeVille - Heaven Stood Still † 6.8.09 R.I.P.
As a
tear fades away
and
the dawn dries a lover's eyes
No
more tears, they're all gone
Just
believe it will always be
My
heart in your hand
knows
that all this belongs to me
and
like the child here I stay
while
your heart sings inside of me
One
dream of my live
One
night in eternity
The
wind whispered soft to me
And
heaven stood still
One
sigh of the dawn
Sweet
instant of memory
One
celestial rapsodie
And heaven stood still
*
Bye bye Willy...
01 septembre 2009
en écho au post de Dame...

J’aime l’attente, les yeux
bandés, le cœur en chamade, la gorge serrée.
Je n’aime pas les retards, et que me soit volée une
seule minute du
temps qui m’a été promis.
J’aime le bruit de la porte qui
s’ouvre puis se referme, et le silence qui suit.
J’aime ma peur croissante, et mes
sens en alerte pendant qu’Il se
rapproche.
J’aime le frisson que provoque
son seul souffle sur ma peau.
J’aime les furtifs effleurements qui
m’électrisent, les lents déplacements
qu’il fait autour de moi, le vertige qui me prend.
Je n’aime pas devoir me présenter sans culotte.
Je n’aime pas qu’il me rappelle ce que cette absence signifie.
J’aime qu’il aime ma parure de
pute, et qu’il la détaille, la souligne avec la
pointe de sa cravache.
J’aime qu’il corrige ma position
jusqu’à ce qu’il voit lui convienne.
J’aime le cuir viril d’un
pantalon, d’une ceinture, d’une paire de gants ou
de chaussures. D’un siège de voiture, d’une selle de moto.
J’aime le cuir sensuel d’un
corset, d’un harnais, d’un collier.
Je n’aime pas les hommes déguisés en Dom ou en
rebelle le temps
d’une soirée.
J’aime l’assurance, la sereine autorité d’une
dictature assumée.
J’aime qu’il invente, qu’il
amende des lois sans en référer à aucun
parlement.
J’aime qu’il use de tous ses
pouvoirs, de chaque fonction, qu’il ose
s’amuser comme un gosse avec son jouet.
J’aime qu’il me prenne aux mots,
qu’il me lie et me cingle avec mes
propres lignes.
J’aime la cérémonie programmée,
qui fait battre le cœur longtemps
à l’avance, qui permet de se préparer avec
soin,
de parer à toute éventualité.
J’aime que les limites me soient
indiquées, lorsqu’il décrète qu’elles sont
franchies.
J’aime qu’il me reproche tendrement,
et tout en préparant son bambou,
de l’obliger à sévir.
Je n’aime pas les fausses menaces, les punitions
oubliées
ou amnistiées.
J’aime rêver d’une première vraie
fessée.
J’aime le miroir qui me renvoie
son image quand il est derrière moi.
J’aime voir ses hanches cogner l’arrondi
de mes fesses,
et ses mains qui me tiennent.
Je
n’aime pas croiser mon regard quand il me félicite de m’ouvrir si bien.
J’aime le respect dont jouissent
les soumises dans les soirées.
Je n’aime pas les soirées qui me font penser à une concentration
d’amateurs
de tuning.
J’aime les solides entraves, qui
résistent à mes ruades.
Je n’aime pas les bondages compliqués, et la panique qui m’affole quand
je pense au temps qu’il faudrait pour me libérer.
J’aime qu’il m’immobilise, me
fasse faire silence ou menotte mes poignets
d’un seul ordre murmuré.
J’aime l’émotion de l’instant où
il referme mon collier autour de mon cou.
J’aime l’instant où il lace mon corset.
Je n’aime pas l’instant où il me
retire mon collier.
