Vilaine fille

"...Fille folle, amante du vent... Boucle ton corset... Baisse bien la tête... Méfie-toi : Qui aime le vent engendre la tempête..."

29 septembre 2009

demi-saison

5847



Posté par vilaine fille à 18:38 - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 septembre 2009

no minée

Prix

C'est avec un peu de retard (parce que j'avais "oublié" de lire mes mails pro...no coment, merci) que j'apprends que  j'étais nominée (et invitée à Paris !) par le site Rue 69 qui organisait le 21 septembre Les Prix du Désir, à l'occasion de leur premier anniversaire. Mon bouquin "La croisière des esclaves" concourait (avec 4 autres livres) dans la catégorie :

Le livre qu'on lit d'une seule main car l'autre est occupée.

La classe, hein ? Je suis trop fière :-)
Bon, c'est sûr, c'est dommage, si je l'avais su avant vous auriez pu voter et peut-être me faire remporter une superbe chenille vibrante dorée.... (le titre a été emporté par mon boss : La jument, d'Esparbec)... Mais tant pis, je suis ravie quand même.  Et flattée.  Je n'écris pas ces livres pour une autre raison : qu'on les tienne d'une seule main. 

chenille_v2

(et merci  aux 42 votants si un jour ils passent par ici !)

Posté par vilaine fille à 15:47 - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 septembre 2009

no pain, no gain (zi end)

t_1300042


Longtemps cette nuit-là, incapable de trouver le sommeil, j’ai fixé le carré de ciel qu’un lointain lampadaire orangeait un peu, essayant d’imaginer ce que serait ma vie en expatriée, dans ce pays qui me faisait tant fantasmer, derrière cette frontière qui m’obsédait. 

N’exister que par, et pour, Lui. 

Vivre à l’ombre de son ombre, attribut du Sujet.

Dormir sur la carpette, nue, avec juste un collier de cuir. Sans oreiller moelleux. Sans bras autour de soi. A la merci des araignées et autres affreux rampants. Avoir faim, froid, peur, honte, mal. Et toujours une canule à la main ou pas loin, pour s’offrir toute nette.

J’ai souri toute seule, admirant ma mauvaise foi. Mon exposé absolument objectif et complet. Qui omettait seulement le plus important.  L’éblouissement. Le vertige. Le looping de la mort qui tue. L’ivresse des abîmes. Le moment où on ne sait plus où est la Terre, où est le Ciel. Ni qui on est soi-même. S’apercevant dans un miroir, ne pas se reconnaitre. Sanglée de cuir, belle et altière sur des talons aiguilles que-dans-la-vraie-vie-même-pas-je-fais-trois-pas-avec, ou échevelée, la bave aux lèvres, le regard hagard, comme roulée par les vagues, giflée de douleurs, pétrie de plaisir. A se demander qui est cette folle.

Mais était-ce vraiment ce dont j’avais envie ? De ne pas me reconnaitre dans le miroir ? De fermer les yeux pour ne plus voir cette inconnue bizarre ?

 J’ai alors pensé à un autre miroir.

A un autre regard.

A un passeur qui ne m’a pas emmenée vers les rochers en agitant sa lumière dans le noir. 

A son sourire fier quand j’ai levé la tête et affronté notre reflet sans ciller.

Au calme après la tempête. 

A mes yeux comme éclaircis par tant de pluie.

 

A ces humains qui avaient croisé mon chemin,

A ces hommes,

à cet homme,

vers lesquels je devais me hisser, qui m’obligeaient à grandir pour les atteindre.

Qui ne s’intéressaient pas à mes vilainies, ou ne s’en contentaient pas.

Qui ne se servaient pas de mes faiblesses pour imposer leur force.

Qui n’attendaient pas le pire, si facile pour moi à leur fournir.

Qui refusaient que je m’efface, qui exigeaient que je les regarde en face.

Qui avaient l’absolu sadisme de me forcer à être libre. Et forte.

Qui posaient toute éventuelle récompense en haut de la montagne,

pas au fond d’un gouffre où je n’aurais eu (et ne demandais) qu’à plonger.

Ces hommes qui m’apprenaient à ne pas confondre voyage à grands frissons et fuite en avant,  à la recherche du Grand Oubli.

Même Lui, qui n’était pas parti sans me protéger d’un pacte à vie, comme ceux que signent les enfants avec leur sang, et qu’il m’empêchait régulièrement d’oublier.

 J’ai alors compris qu’il n’y a pas de plus palpitant voyage que de franchir le jour,  la nuit. L’Opinel entre les dents, le cœur en bandoulière, sans gilet pare-balle, ni tenue de camouflage, marcher vers ce que l’on est. Coûte que coûte. Sans céder aux sirènes, sans attendre qu’on nous prenne la main pour avancer. Sans laisser nos peurs et nos lâchetés dresser des murs, creuser des fossés. Sans s’enliser ni s’endormir dans des douleurs confortables. 

Etre en mouvement. Ne pas se statufier, ni se cacher. Ni se faire un doux nid dans le renoncement. Affronter la peur de se tromper, de se planter, de faire du mal à ceux que l’on aime. Ne pas se laisser arrêter par la honte d’être différente, par la paresse, les doutes, les Grands Principes si faciles à dégainer (puis à oublier) quand ça nous arrange.

La vraie aventure était là. D’assez grands défis pour vibrer et remplir toute une vie.

 

Soudain, sur la table de nuit, mon téléphone a vibré. Une réponse, un signe du destin, forcément, me suis-je dit en tâtonnant dans le noir pour l’attraper.

 « G  adoré. Kan esk kon remé ça ? »

Ah. Le récréatif sodomite trop poseur de questions. Il tombait bien, celui-là. Juste à temps pour profiter aussi des conclusions de ma réflexion. Et de mon silence, donc, qui serait une réponse suffisamment explicite.

 J’ai éteins mon portable et j’ai fermé les yeux, enfin apaisée.

A la fois exaltée et comme éreintée par la frontière que je venais de franchir, toute seule et immobile dans mon lit. J’avais l’impression d’avoir escaladé une paroi et découvert un panorama à l’horizon vertigineusement éloigné, accessible par un chemin escarpé et tourmenté, qui traverserait sans doute marécages et déserts d’épineux,  mais le mien.

Pas un pays tropical du bout du monde.

Pas un lointain Homme Idéal.

Juste ma vie.

Dire ces mots, un jour, sans avoir à rougir ni retenir ses larmes.

*

Posté par vilaine fille à 11:30 - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 septembre 2009

tatoo




tumblr_kq4qzjdhmB1qz8s3ho1_500





Posté par vilaine fille à 22:56 - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 septembre 2009

no pain, no gain (again)

05

Le soir venu, cette question me tourmentait encore. Impossible de l’oublier. Elle tournait dans mon esprit comme une mouche enfermée.

Je me suis installée à mon bureau, j’ai allumé mon ordinateur.

Aucun message de Lui. Pas étonnant, mais je regardais encore, comme par réflexe.

En premier, toujours, avant mes autres boîtes à mails. Les mois et les années qui passaient n’y changeaient rien.

 « Ils sont rares, les passeurs de frontière. »

Repenser à cette belle phrase de Katherine Pancoll n’était pas pour me remonter le moral, mais elle tournait et retournait, elle aussi, comme la mouche du petit garçon sous les ronciers. 

Putain, j’en avais pourtant fait, des beaux voyages. J’avais gravi les dunes du Sahara et des volcans vivants, navigué et plongé dans les plus beaux océans, bouffé de l’iguane avec des guerriers Antandroy, dormi dans des palaces et sur des plages désertes, contemplé en vrai les merveilles du monde. 

Et mon beau capitaine n’attendait qu’un signe de moi pour remettre les voiles, je le savais.


Mais non.

Rien à faire.

Ca ne me faisait pas vibrer.

Pas autant que l’envie de passer encore et encore LA frontière.


(à suivre)

Posté par vilaine fille à 13:24 - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 septembre 2009

Jaurès et Brel by Zebda



 


"Le courage, c'est d'aimer la vie et de regarder la mort d'un regard tranquille.
C'est d'aller à l'idéal et de comprendre le réel.
C'est d'agir, et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l'univers profond, ni même s'il lui réserve une récompense.
Le courage, c'est de chercher la vérité,
et de la dire.
C'est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe,
et de ne pas faire écho de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques."

Jean Jaurès


Posté par vilaine fille à 14:51 - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 septembre 2009

no pain, no gain

Xanthia5771b

C’était une petite incursion dans le monde du sexe « « normal » ». Une simple sieste récréative avec un collègue de travail, dans un hôtel du quartier.

Il était bel homme, tendre et énergique, nous passions un moment agréable.

Redécouvrant les usages en cours chez l’hétéro de base et craignant de commettre une gaffe, je me laissais faire sans trop oser participer, presque en spectatrice.

Ma relative passivité ne semblait pas lui déplaire. Et vas-y que je te tourne, te retourne, te plie et te déplie dans tous les sens.

Assez vite, il a grimacé et lutté contre l’imminence de sa jouissance. Il donnait quelques coups de reins puis se retirait, essoufflé, un peu hagard, grognait que c’était trop bon, qu’il voulait faire durer. Il changeait de position, s’occupait de mes seins, ou de ma bouche, puis revenait, lentement, profondément, les yeux fermés, en se mordant les lèvres pour ne pas gémir trop fort.

A un moment, il a presque bondi à l’autre bout du lit, en me fixant comme si j’étais le diable en personne.

- Pause obligatoire !  

J’ai souri pendant qu’il reprenait son souffle et me lançait que c’était moins une, qu’on avait frôlé le précipice.  Parle pour toi, bonhomme, ai-je pensé. Si tu savais dans quels paysages j’ai voyagé, à quels abysses j’ai échappé. Aucun danger pour nous deux dans cette petite balade en terrain plat.

Il s’est étendu sur le dos et m’a attirée sur lui, juste allongée, sans faire jonction. Il a caressé le creux de mes reins, l’arrondi de mes fesses.

- Tu veux que je te sodomise ?

Sa main glissait, le bout de ses doigts effleurait ma raie. Les joues brûlantes, j’ai secoué la tête en déclinant poliment l’invitation. Je crois même que j’ai bredouillé non merci.

- Pourquoi ? T’aimes pas ça ?

Tout doucement, il continuait sa légère exploration, parcourant ma fente plus haut et plus bas, mais restant à proximité, caressant l’orée, passant et repassant au centre.

Oh, le con. La question à mille balles, rien que ça.

J’ai enfoui mon visage dans son cou en murmurant que non, puis j’ai écarté les cuisses et soulevé mon bassin pour m’enfiler sur lui et clore la conversation.

- Ce…ce n’est pas grave, a-t-il lâché d’une voix un peu hachée. Ce…ce que tu me fais en…en ce moment…n’est pas mal non plus.

Quelques secondes plus tard, j’en jurerais, il avait oublié sa question. Les bras en croix, les yeux renversés, il gémissait des choses à moitié inaudibles, dont il ressortait, si je comprenais bien, qu’il ne répondait plus de rien.

 

 

(à suivre)

 

Posté par vilaine fille à 14:11 - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 septembre 2009

Willy Deville

Willy DeVille - Heaven Stood Still † 6.8.09 R.I.P.

As a tear fades away

and the dawn dries a lover's eyes

No more tears, they're all gone

Just believe it will always be

 

My heart in your hand

knows that all this belongs to me

and like the child here I stay

while your heart sings inside of me

 

One dream of my live

One night in eternity

The wind whispered soft to me

And heaven stood still

 

One sigh of the dawn

Sweet instant of memory

One celestial rapsodie

And heaven stood still



*

Bye bye Willy...


Posté par vilaine fille à 15:19 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 septembre 2009

en écho au post de Dame...

38959347_p

J’aime l’attente, les yeux bandés, le cœur en chamade, la gorge serrée.

Je n’aime pas les retards, et que me soit volée une seule minute du

temps qui m’a été promis.


J’aime le bruit de la porte qui s’ouvre puis se referme, et le silence qui suit.

J’aime ma peur croissante, et mes sens en alerte pendant qu’Il se

rapproche.

J’aime le frisson que provoque son seul souffle sur ma peau.

J’aime les furtifs effleurements qui m’électrisent, les lents déplacements

qu’il fait autour de moi, le vertige qui me prend.


Je n’aime pas devoir me présenter sans culotte.

Je n’aime pas qu’il me rappelle ce que cette absence signifie.


J’aime qu’il aime ma parure de pute, et qu’il la détaille, la souligne avec la

pointe de sa cravache.

J’aime qu’il corrige ma position jusqu’à ce qu’il voit lui convienne.

 

J’aime le cuir viril d’un pantalon, d’une ceinture, d’une paire de gants ou

de chaussures. D’un siège de voiture, d’une selle de moto.

J’aime le cuir sensuel d’un corset, d’un harnais, d’un collier.

Je n’aime pas les hommes déguisés en Dom ou en rebelle le temps

d’une soirée.

 

J’aime  l’assurance, la sereine autorité d’une dictature assumée.

J’aime qu’il invente, qu’il amende des lois sans en référer à aucun

parlement.

J’aime qu’il use de tous ses pouvoirs, de chaque fonction, qu’il ose

s’amuser comme un gosse avec son jouet.

 

J’aime qu’il me prenne aux mots, qu’il me lie et me cingle avec mes

propres lignes.

 

J’aime la cérémonie programmée, qui fait battre le cœur longtemps

à l’avance, qui permet de se préparer avec soin,

de parer à toute éventualité.

 

J’aime que les limites me soient indiquées, lorsqu’il décrète qu’elles sont

franchies.

 

J’aime qu’il me reproche tendrement, et tout en préparant son bambou,

de l’obliger à sévir.

 

Je n’aime pas les fausses menaces, les punitions oubliées

ou amnistiées.

 

J’aime rêver d’une première vraie fessée.

 

J’aime le miroir qui me renvoie son image quand il est derrière moi.

J’aime voir ses hanches cogner l’arrondi de mes fesses,

et ses mains qui me tiennent.

Je n’aime pas croiser mon regard quand il me félicite de m’ouvrir si bien.

 

J’aime le respect dont jouissent les soumises dans les soirées.

Je n’aime pas les soirées qui me font penser à une concentration

d’amateurs de tuning.

 

 

J’aime les solides entraves, qui résistent à mes ruades.

Je n’aime pas les bondages compliqués, et la panique qui m’affole quand

je pense au temps qu’il faudrait pour me libérer.

J’aime qu’il m’immobilise, me fasse faire silence ou menotte mes poignets

d’un seul ordre murmuré.

 

 

J’aime l’émotion de l’instant où il referme mon collier autour de mon cou.

 

J’aime l’instant où il lace mon corset.

Je n’aime pas l’instant où il me retire mon collier.

Posté par vilaine fille à 21:23 - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1