Vilaine fille

"...Fille folle, amante du vent... Boucle ton corset... Baisse bien la tête... Méfie-toi : Qui aime le vent engendre la tempête..."

31 octobre 2009

le h.l.m

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30 octobre 2009

les preuves

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Il ne m'emmenait pas souvent à l'hôtel.
Il aimait les cabanons en ruine, les vieux abris à outils.
La terre battue, les matelas sales où on allonge les filles faciles.

Parfois il prenait un livre, une petite flasque de rhum, il s'installait confortablement dans un rayon de soleil. M'ordonnant de souffrir en silence.
Une demi-heure, ou une heure, selon l'épreuve imposée, son humeur ou l'intérêt du livre qu'il lisait. Rajoutant du temps à chaque gémissement, chaque plainte.

Et j'obéissais. J'encaissais la hontes des lieux misérables où il me confinait, loin de la ville et de sa vie, et l'humiliation, et la douleur. Je serrais les dents, je respirais lentement pour essayer de supporter l'immobilité, la brûlure de la corde qui m'entravait, ou la présence d'un objet qui me forçait.

Peu m'importait.
Sauf lui prouver qu'Il me possédait.


 

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Il était une fois...

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...une fée qui photographie.

Et qui nous fait enfin partager ce qu'elle voit,
dans son objectif forcément plein de filtres magiques...


Merci.



C'est ICI

*

ps : aaargh, le lien ne marche pas. En attendant que  ce soit réparé, vous pouvez cliquer ci-contre, dans les "plaisirs variés" :

Lumières de l'ombre

*

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23 octobre 2009

cupido ergo sum

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Le vent était glacial. Et cette voie ferrée, toujours aussi lugubre.

J’ai actionné mon clignotant, et je me suis engagée dans la rue qui la longeait.

Juste un test. Comme avec un compteur Geiger des émotions activées à l’intérieur de moi, en attente de la moindre manifestation de présences réactives.

Jusqu’à présent, l’aiguille restait immobile, ou tressautait à peine, pas davantage que dans les autres rues du quartier.

J’ai ralenti pour tourner encore à droite une cinquantaine de mètres plus loin.

C’est là que ça risquait de se gâter, je le savais. Il y avait des mois que je n’avais plus emprunté cette impasse privée.

Et, comme je le redoutais, dès que je m’y suis engagée le compteur a bipé comme sous une trop forte dose.

Contrairement à mes prévisions, sa voiture était là, garée devant son garage.

Oh putain. Oh merde. Fuck fuck fuck. Oh l’angoisse.

J’ai accéléré. Pas d’autre solution que de lui passer devant pour aller faire demi-tour au fond de l’impasse. S’il sortait à ce moment-là, j’étais foutue. Condamnée sans même avoir eu le temps de me battre.

Mais non. J’ai dépassé sa maison sans qu’il apparaisse et je suis vite allée me réfugier au fond de l’impasse, sur un petit parking invisible depuis le début de la rue.

J’ai éteint  mes phares et le moteur de ma voiture, j’ai tiré la manette de mon frein à main, et j’ai débouclé ma ceinture de sécurité en poussant un gros soupir de soulagement, comme si je venais de franchir un ravin sur un pont suspendu.

Qu’étais-je venue faire dans cette galère ?

- Maintenant que tu y es, tu te débrouilles. Triple buse. Grosse bécasse. En plein dans la gueule du loup.

- Tais-toi. Laisse-moi réfléchir.

- Ah, ah, ah… il serait temps.

J’ai allumé une cigarette en attendant que la tempête émotionnelle s’apaise un peu puis j’ai attrapé l’enveloppe qui dépassait de mon sac posé sur le siège passager. Je connaissais par cœur la lettre qui était pliée à l’intérieur, mais j’avais encore besoin de la relire, ici et maintenant. L’effet qu’elle produisait sur moi différait souvent d’un extrême à l’autre et il me fallait savoir ce que j’allais ressentir ici, à quelques mètres de l’homme à qui elle était destinée, et de la boîte à lettres où je pouvais la glisser, si je le décidais.

Dès les premiers mots, j’ai su qu’elle finirait avec les autres, déchirées et froissées au fond de ma poubelle.

Malgré mon cœur affolé.

Malgré la moiteur brûlante de mon sexe.

Malgré la tension presque douloureuse de mon désir.

Ma main s’est faufilée, comme en urgence.

Plaquée, tentant de calmer, de réfréner.

Puis pointée, suivant le sillon à travers le tissu, appuyant sur le tendre, creusant au plus humide. Comprimant sous sa paume l’émergence impérieuse. Ne l’excitant que davantage.

Avec mon autre main, j’ai crocheté, écarté l’exaspérant tissu. Puis j’ai pressé deux doigts tendus au plus sensible, les laissant ensuite glisser plus bas, suivre la pente, s’enfoncer à l’orée, ressortir trempés, revenir plus haut, appuyer plus fort, trembler, vibrer, attiser l’immaîtrisable incendie.

J’ai fermé les yeux, et j’étais à l’autre bout de l’impasse, derrière deux épaisses portes closes, au milieu de ce grand salon, proie consentante d’un bourreau cruel et magnifique. Au sol, le regard levé vers lui, m’astiquant éperdument pendant qu’avec des gestes lents il débouclait sa ceinture, et m’annonçait la sentence.

Le tarif de ce plaisir qu’il m’octroyait, grand Seigneur, comme une piécette d’or jetée à ses pieds. Le prix à venir de ma défaite, du rampant retour de l’évadée.

J’ai joui de son mépris me cinglant sans un mot, de ce léger sourire qu’il a eu en enroulant la ceinture à sa main, victorieux, sûr de lui, comme s’il avait toujours su que je reviendrais gratter à sa porte comme une chienne sans fierté.

Quand je suis repartie, sa voiture n’était plus là.

Mon désir, si.

Tapi dans l’ombre, calmé pour un temps.

Se demandant en ronchonnant qui avait bien pu me mettre cette idée en tête de le garder là, au creux de moi, en prisonnier tempétueux,  au lieu de le lâcher dans l’arène, de le livrer aux fauves fièvres.

J’ai retraversé la ville à petite vitesse. Apaisée.  Soulagée d’avoir affronté  le danger sans y laisser ma peau. Sans avoir cédé à cette faim mauvaise, qui cherchait à me perdre, à m’emmener là où je ne voulais plus aller. Découvrant le plaisir de me dominer. De laisser gagner, pour une fois, celle qui savait que ce n’était pas une bonne idée. Comme la pièce d’un puzzle qu’on essaie de caser à une autre place que la sienne, en forçant d’un côté, en laissant un petit espace de l’autre, en se persuadant que ça ira très bien, que le dessin semble cohérent.

Malgré des ressemblances, et des courbes voisines, mon désir et cet homme n’avaient pas la même forme.

Ma faim n’avait pas son odeur, ni le goût de sa peau.

Mon cœur ne battait pas à son tempo.

Mais il battait.

Il irriguait mes nervures.

Ça pulsait et vivait, là-dedans.

Ça rêvait haut et fort. C’était encombré et un peu en bordel, mais encore plein de places vides qui m’impulsaient chaque matin l’énergie de la quête, la rage d’atteindre des terres non-brûlées, ou réputées inaccessibles.

Ça s’obstinait à vouloir la lune.

Et les étoiles au fond des yeux.


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20 octobre 2009

méditons

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*
(image piquée chez le Vagabond céleste)

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19 octobre 2009

rire (...ou pleurer ?)

Jean Sarkozy, prince des Hauts de Seine

 

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15 octobre 2009

Mais ceci, si.


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- Humpf.



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14 octobre 2009

Ceci n'est pas une pipe.

Magritte

Je m’en étais amusée. Quand il s’y installait, le hamac touchait presque le sol et les cordages grinçaient comme des haubans malmenés par le vent. Il n’avait rien dit, mais j’avais bien senti qu’il appréciait moyennement mon humour sur ce sujet-là.

En le voyant s’allonger, j’ai donc gardé pour moi mes réflexions sur les pauvres arbres qui ployaient. Mais il a croisé mon regard dans lequel il lisait comme un livre ouvert, et ses sourcils se sont froncés.

- Tu as une remarque à faire ?

J’ai lentement remué la tête de droite à gauche en lui assurant que non. Il m’a fixée d’un air las.

- Tu mens encore. Tu me fatigues. Presque autant que cette fichue chaleur.

Il a soupiré, puis a croisé les bras derrière la tête en fermant les yeux.

- Use donc ta salive d’une meilleure façon.

Il a confortablement étendu ses jambes dans le large hamac brésilien prévu pour deux personnes et qui oscillait doucement. 

Comprenant ce qu’il attendait de moi, j’ai avalé ma salive, et constaté que j’en manquais soudain. Finie la rigolade. L’heure était grave. Importante. Epreuve pratique au coefficient très élevé.

Et belle et émouvante offrande, aussi, que son abandon, que ses yeux fermés, que son corps nu confié à mes soins.

Je me suis approchée. Agenouillée dans l’herbe tendre, juste à la bonne hauteur pour le caresser des yeux en avançant une main timide, survolant lentement ses jambes, son torse, ses bras, comme un oiseau qui cherche où se poser.

L’elle, sur l’Il…

Appuyé contre ma taille, le hamac avait cessé d’osciller. Et je n’ai eu qu’à me pencher pour poser mes lèvres sur la branche élue.

Le sexe faussement endormi a tressailli, et j’ai souri. Du bout de la langue, sans m’attarder, je l’ai parcouru de bas en haut, en goûtant la tiédeur, l’odeur, la saveur, ne voulant rien en perdre, ne pas gaspiller une seule micro particule de plaisir.

 Il a grogné de contentement, et a plus largement écarté les cuisses, comme un acquiescement, une invitation à continuer qui m’a encouragée à oser lécher avec une extrême délicatesse la base renflée, qui a frémi, et s’est contractée autour de ses joyaux comme une bourse fermée d’un coup sec.

Je n’osais insister, mais sa main est venue sur ma nuque,

et je ne me le suis pas fait dire deux fois.



(à suivre.)

 

 

 

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13 octobre 2009

Minouche...

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Minouche
L'âme et le dos courbés
Pavane Lachrymae
Face aux temps qui reculent
Pour mieux sauter
Minouche
Goûte à la naphtaline
Damnés, cinq années d'enfer
Et dix foutues en l'air
D'une ruine

Le nombril du monde s'étend
A nous ficher en nombre
Surnombre qu'il déchiffre
A la rafle, à la gifle
Minouche comme un chien enragé
Qui rôde autour de l'os
Deux dents dehors
Et nu comme l'espoir
Si peu dans nos louches
C'est qui les barbares ?
Minouche

Minouche
Tous tes rêves éveillés
S'entendent dire "Z'avez vos papiers ?"
Quand rien de toi ne m'est
Etranger
Minouche
C'est pas le rire des baleines
ni l'amour de l'étrange
qui chialent des têtes d'anges
Madrilènes

C'est du brouillard en errance
A la cime des clochers
Où radotent en avance
Les conneries du passé
Minouche, plante un clou solitaire
L'homme un homme pour ton loup
Les crocs dehors
Et nu comme l'espoir
Si peu dans nos louches
Que l'on en deviendrait barbare

Minouche, essore tes yeux mouillés
Minouche, l'âme et le dos courbés
Minouche, rien de toi ne m'est
Rien de toi ne m'est
Etranger


*
(Romain Humeau)


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" C'est qui les barbares ?"


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09 octobre 2009

banquiers : voleurs ET délateurs

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« Un Mauritanien sans papiers venu retirer de l'argent dans une agence de la Société générale à Boulogne (Hauts-de-Seine) samedi 3 octobre a été dénoncé à la police par le guichetier et se trouve en rétention au Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne), a indiqué jeudi 8 octobre la Cimade.

Yaro S., né en 1968 en Mauritanie, en France depuis 2002 et travaillant comme aide-cuisinier dans un restaurant, a présenté comme pièce d'identité une carte de séjour, celle-là même avec laquelle il avait ouvert son compte en 2005. Lorsque le guichetier s'est aperçu qu'il s'agissait d'un faux, il a appelé la police et fait fermer les portes de la banque devant les tentatives de Yaro de sortir au plus vite de l'établissement.

Le ressortissant mauritanien, qui venait de déposer un dossier de régularisation par le travail, a été aussitôt placé en centre de rétention.(…) Il devait être présenté jeudi au consulat de Mauritanie en vue de son expulsion. » (Le Monde)

*

Vous imaginez ? Ce type, non seulement il est banquier, mais en plus c'est une balance.

Est-ce qu'il bombe le torse ce matin devant son miroir ?

Est-il fier d'avoir débarrassé la France d'un dangereux aide-cuisinier ?

Est-ce qu'il a osé le regarder dans les yeux quand les flics lui passaient les menottes ?

Où est-il ?  Que je le lui crache dessus.

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