Vilaine fille

...Fille folle, amante du vent... Boucle ton corset... Baisse bien la tête... Méfie-toi : Qui aime le vent engendre la tempête...

03 mai 2013

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Je serai toujours là pour Vous.

 

 

 

 

 

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24 avril 2013

Victoire

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Les bonnes nouvelles se font rares, ne les boudons pas.
Surtout après cette puanteur qui a de nouveau envahi les rues et les médias ces dernières semaines, avec les Barjot, Boutin, ultra-cathos, fachos and C° qui sont ressortis de leurs appartements lambrissés (et des églises des beaux quartiers) avec leurs tambours de guerre pour défendre la Patrie mise en danger, selon eux, par cette « société sodomite » (sic!) à laquelle cette nouvelle loi va ouvrir la voie. Comme s'ils n'avaient pas mieux à faire, ni de meilleure cause à défendre ! Comme si les injustices, la pauvreté, la faim dans le monde, la planète qui meurt, les enfants battus ou victimes de prêtres pédophiles, c'était moins grave que d'autoriser quelques gouines et pédés à se marier et adopter des enfants !
Ils en ont la bave aux lèvres, le crucifix dans une main et la batte de base-ball dans l'autre...C'est effrayant.

Mais ce matin, un vent frais de tolérance, d'égalité et de progrès souffle enfin un peu sur notre vieux pays et éloigne ces remugles, et putain,  ça fait du bien !

 

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Cette femme nous redonne dignité et fierté d'être Français,
qu'elle en soit remerciée.

 

 



Quant à l'autre...

casse toi pauvre conne



Et retourne te faire faire « l'amour avec deux doigts », comme tu le chantais il y a quelques années, quant tu cherchais déjà à te faire remarquer.
Mais il faudra te contenter de ton vieux mari, d'un curé ou de ta copine Boutin... Car désormais, crois-moi, aucune jolie fille ne t'offrira ce plaisir-là.

 

 

 

 

 

*

(photo 1 by Pastelle)

 

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10 avril 2013

Swrushhh

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    - Tais-toi ! Tu parleras quand tu y seras autorisée.
    - Mais...

Swruchhh !

    - Aïe !

Swruchhh !

    - … !

    - Ben voilà !  Tu comprends, quand tu veux. Bon...qu'est-ce qu'on disait, déjà ? Tu m'as fait perdre le fil... Ah oui, ça y est, je me souviens. Quand tu m'as interrompue, nous en étions déjà à dix, n'est-ce pas ?


    -Non, à cinq! Et c'est déjà totalement injuste et injustifié !

Swruchhh !

    -Quinze, alors ?
    -NON !

Swruchhh !

    - Vingt ? Bon, d'accord, si tu y tiens.

Il relevait son bras en attendant ma réplique pour l’abattre encore, mais cette fois-ci j'ai pincé les lèvres et retenu le noooon ! qui s'y pressait encore. Mais il explosait dans mon esprit, dans toutes les fibres de mon corps tétanisé par la fulgurante douleur et par la peur qu'elle recommence.
Je ne voulais pas. Je ne voulais PAS. JE NE VOULAIS PAS.

Grâce à dieu, ou au diable, ou à un simple hasard heureux, je n'étais pas entravée ni bâillonnée, mais simplement debout face au mur, les mains croisées derrière la nuque. Mon bourreau pensait sans doute que l'envie que j'avais de recevoir ma récompense suffirait à me garder sage pendant qu'il me ferait subir son caprice du jour, comme cela s'était passé lors de nos précédentes rencontres. Deux ou trois positions à tenir, une petite promenade à quatre pattes, quelques photos car il savait que je détestais ça, et habituellement on passait ensuite à la phase 2, où il se déshabillait et me donnait du plaisir. Je ne revenais pas pour autre chose.
Et certainement pas pour recevoir vingt coups de cette horrible badine qui venait déjà de me déchirer la peau des fesses jusqu'au sang -ou du moins était-ce l'impression que j'avais.
Ces temps-là étaient révolus. Cette fille-là avait disparu.

Lentement, prudemment, je me suis retournée vers lui, les bras en défense entre le bout de bois et moi. Et j'ai affronté son regard surpris, presque réjoui de la superbe occasion que je lui offrais de se mettre en colère.

    - Je...je vais m'en aller. J'crois que c'est mieux.
 
Il a plissé les yeux comme s'il doutait d'avoir bien entendu, puis, quand le sens des mots a eu atteint son cerveau, il en est resté tout con, et son bras et retombé.

    -Ben quoi...? Qu'est-ce que t'as ? Qu'est-ce que j'ai fait ?

Comment lui expliquer ce que j'avais moi-même du mal à comprendre ?
    Le souvenir d'un loup méchant qui s'acharnait, mes sanglots irrépressibles, mon impardonnable passivité.
    L'extrême douceur d'une autre main, d'un autre regard sur moi. Une autre main jamais armée, mais qui n'en avait pas moins de pouvoir.
    Les trois seuls coups qu'Il m'avait assénés. Comme pour nous prouver qu'Il avait aussi ce droit-là. Comme si ma peur et mon immobilité suffisaient à lui dire ce qu'Il désirait savoir.

    - Laisse tomber...c'est pas de ta faute, lui ai-je dit en reculant doucement le long du mur et en baissant les yeux pour ne pas qu'il croie que je cherchais à le provoquer.

Ben voyons. Demande-lui pardon, pendant qu'on y est, je me suis dit. Excuse-toi d'avoir eu mal !

Il s'est réveillé et étranglé en me voyant m'éloigner peu à peu vers mes vêtements.
   
    -Tu...tu ne comptes quand même pas te tirer maintenant ?

Il avait l'air abasourdi d'un chat qui voit s'envoler sa proie alors qu'il s’apprêtait tout juste à y planter les dents.
Comme inconsciemment, il a porté sa main sur la braguette de son pantalon, qui devait soudain le gêner aux entournures, et ses yeux ont eu une lueur mauvaise.

    -A quoi tu joues, salope ? Tu veux m'énerver, c'est ça ? Tu veux recevoir ta raclée ?

J'avais atteint la chaise, la porte n'était pas loin. Sans le quitter du regard, j'ai enfilé ma culotte, puis ma veste dont j'ai vite fermé le zip. Sauvée. Mes seins, ma fente, le plus fragile de moi était hors de sa portée. Le reste était comme en cuir tanné, sa pauvre baguette ne me faisait plus peur. Ni lui, ni sa colère, ni son désir déjà haineux d'être frustré. 
Au contraire, même. Sa rage m’a enragée.
Le dos contre la porte, j'ai remis ma jupe, mes bottes, en le fixant et me disant tais-toi, calme-toi, casse-toi.
Mais ça bouillonnait trop à l'intérieur de moi. Ça me soulevait comme une vague impossible à maîtriser, impossible à taire.

    - Mais qui tu es, toi ? j'ai lancé d'une voix tremblante, ridicule, éraillée de trop peu servir.

La voix de mes tripes. La même que celle qui m'était venue quand un militant FN s'était attaqué à Mina, ou quand David me balançait des ignominies.

    - QUI TU ES, TOI ? j'ai répété, plus fort, en coassant moins.

Et en cessant de reculer. En cessant de me tenir voûtée comme une coupable effarouchée.

    - Qui tu es, pour exiger quoi que ce soit de moi ? Tu te prends pour un Maître parce que tu m'as baisée trois fois en me tirant les cheveux et me giflant le cul ?

Arrête ! T'es vulgaire, ça sert à rien, fais pas ta marseillaise.
Mais c'était comme un coup de mistral, qui balaye tout, et que rien ne peut arrêter, que rien ne peut apaiser. 

    - T'as aucun droit sur moi, aucun droit de me faire mal ! Tu m'as pris pour ton sac de sable, ou quoi ?

Il restait interdit, les bras ballants, sa funeste baguette pointée vers le sol, et je savais bien que j'étais injuste, au fond, qu'il aurait peut-être suffit que je lui dise gentiment que les bastonnades et les vrais douleurs, non merci, ce n'était pas mon truc, mais tant pis pour lui,il prenait pour les autres,
pour celui à qui je n'avais pas osé dire non et qui avait profité de ma naïveté,  celui qui m'avait laissé lui montrer mes faiblesses, puis s'en était servi pour affirmer sa force.
Il prenait pour ces photos à vomir croisées sur net, sur des sites qui se prétendent BDSM mais qui ne méritent que le B de Barbarie, qui montrent des corps à la peau violacée, battus sans pitié, de la haine des femmes et du sadisme à l'état brut, ignoble, insupportable.
Il prenait pour celui qui m'avait laissé croire pendant six mois qu'il était mort, indifférent à mes messages soucieux, puis qui s'était repointé la bouche en cœur, la cravache à la main, en m'ordonnant de le respecter.
Il prenait pour celui, Grand Humaniste, engagé, admirable ! qui avait disparu juste après m'avoir eue, sans me faire la charité de la moindre explication, seulement son silence comme le pire mépris, la pire violence.

Il prenait pour les brutes, les chasseurs, les toreros. Les dictateurs, les violeurs, les collectionneurs de larmes. Les hommes dans ce qu'ils ont de moins humain, de même pas digne d'être animal. Bander en faisant mal.




    - Petite bite, j'ai dit comme en crachant. Malgré ta grosse queue, ta grosse voix, ta grosse voiture. C'est tout ce que tu as trouvé pour exprimer ta virilité et ton autorité ?  Me filer des coups jusqu'à ce que ça entaille la peau ? Ça te fait oublier ton patron qui t'encule et de ta femme qui te flique ? Tes lâchetés, tes bassesses, tes soumissions morales ? Ça te fait te sentir moins impuissant ?

J'avais mon sac sur l'épaule, la main sur la poignée de la porte. Et la vue brouillée de larmes, la gorge douloureuse de trop d'émotions qui remontaient de souvenirs, de douleurs, de colères trop longtemps tues. Mais je n'en avais pas fini avec lui. Je ne voulais pas partir sans qu'il entende tout ce que j'avais comme sacs à vider, sans qu'il comprenne, peut-être, un peu, au moins.

    -  Tu te trompes d'ennemi, abruti. Affronte un barrage de flics ou un désert à faire reculer, si t'as ton énergie de guerrier à dépenser. Dresse un cheval, serre une sauvage Guzzi entre tes cuisses. Lis un livre jusqu'à la fin.

Il n'a même pas souri.
Il restait bouche bée, ne sachant trop, apparemment, s'il devait rire ou pleurer. Ou me claquer. Ou s'enfuir en criant à la folle.

Mais j'étais presque sûre qu'il avait débandé.

    - Tu arrives trop tard. Je ne te laisserai pas me faire mal gratuitement, comme ça, pour rien, juste pour te faire du bien, juste pour que tu te sentes  enfin un Homme, un Dieu, un Être Supérieur.

Je leur devais bien ça, à mes sauveurs. A ceux qui ne m'avaient jamais trahie, à ceux qui m'avaient fait grandir et qui me donnaient la force, l'obligation de dire non.

    - Tu sais ce que c'est, un Maître à majuscule ? C'est celui qui ne veut pas de titre, c'est celui qui s'en fout. Celui qui murmure, qui n'a que ses mains pour se faire obéir. Celui qui est doux à t'en faire plier les genoux.

Il a lâché sa baguette. Elle est tombée sur la moquette dans un mouvement lent, presque languide.

Je l'ai suivie des yeux en esquissant un sourire, avec un frisson qui courait dans mes reins.

    -  Juste faire hennir les chevaux du plaisir.

    - Oui, il a dit. J'ai compris.








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07 avril 2013

retour aux choses sérieuses

 

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24 mars 2013

(you) fly me to the moon

 

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    Y a des semaines, comme ça, où tout vous sourit. D'un coup c'est Noël, ta fête, ton anniversaire, le printemps, le quatorze juillet, des cadeaux que tu n'avais même pas espérés tombent du ciel sans que tu saches pourquoi. Une conjonction astrale particulière,  un tirage au sort, une erreur qu'aurait fait le bon dieu dans ses fiches ? Peu importe. Comptez pas sur moi pour la signaler.  Trop tard. Le premier qui s'approche pour m'en reprendre une miette je le mords. C'est à moi pour toujours, enfermé dans mon coffre fort, ma malle au trésor inviolable et insaisissable. Même la mort s'y cassera les dents, tu verras.  Ce sont ces instants-là qu'on emportera. Ces petits riens qui changent tout, ces poussières d'étoiles, ces émotions délicates et sublimes comme les trilles d'un rossignol.

    Quatre lettres dans un mail. Un ma devant mon prénom, un ta devant le sien. Comme avant. Quand je ne savais pas combien c'était précieux. Quand je n'avais pas encore reconnu le bonheur d'être son amie au bruit qu'il a fait en claquant la porte.
Quatre petites lettres, comme des pépites d'or et d'espoir.

    Un message dans la nuit. Alors qu'il est occupé au bout du monde et que je n'attendais rien. Une pensée plus douce qu'une caresse, plus chaude et bouleversante qu'un baiser.

    Une main qui se tend, qui partage, qui donne. Sans chichi, sans leçon, sans intérêt. Un ange gardien au rire de petite fille, qui secoue sa frange et allume sa clope en bougonnant qu'il n'y a rien à dire, c'est comme ça et c'est tout, pas de quoi en faire tout un cinéma, tu as vu comme il fait beau ?

    Une photo, un peu floue et mal cadrée. Des silhouettes sous la neige, un feu rouge qui scintille, un arbre nu sur un bout de trottoir. C'était en été mais comment s'y tromper ? C'est la même rue, la même façade.  La devanture du bar n'a pas changé.
Et derrière l'objectif, c'est Lui, son œil dans le viseur, son index sur le déclencheur. Figé quelques instants dans une ville en mouvement pour capturer cette image-là et me l'offrir.
Sans légende, pour quoi faire ? Tout est dit dans cette photo, il sait que je le sais. Ou au moins l'essentiel. Il n'oublie pas, il le pense aussi. Quelque chose s'est joué là, qui a bouleversé nos vies. Et qui nous touche toujours.
Un présent et un pluriel sans prix.


    Un inconnu qui fleurette un peu. Et pas le plus laid, pas un ancêtre, pas un affamé.
Tu regardes par dessus ton épaule mais non, c'est bien à toi qu'il s'adresse.
Il s'en va, tu souris. Un peu moins Shrek, un peu moins sévère et méprisante avec celle que tu es devenue. Ou croyais être. Tu ne sais plus. Le doute s'insinue. C'est bon.

    Mon bel amour qui me laisse soupirer comme une âme en peine, tourner en rond devant la bibliothèque comme une toxico qui traque sans conviction un produit de substitution, puis qui sort soudain de son chapeau de magicien un petit sac de la Fnac. Je tombe en arrêt, les mains sur le cœur, n'osant y croire. Et pourtant si, il est bien là. Le tome III. Avec Tyron, Arya et Jon Snow dedans. Un gros pavé de plaisir compressé qu'il a trimbalé pour moi depuis Paris, planqué dans sa valise, gardé au secret tel Don Diego de la Véga cachant son masque de Zorro jusqu'à ce que l'héroïne soit en danger, désespérée, une épée sous la gorge, avec plus rien à lire.





    Les nuages vont revenir, je le sais bien. Et le froid et la nuit. Les doutes, le manque, le sentiment de solitude et d'insignifiance, Shrek dans le miroir.   
Mais pas tout à fait pareil,
pas obligé.
Si j'écoute Kalihl, pour une fois.
Si je m'en fais des ailes au lieu d'un poids, de cette gratitude que j'éprouve.
Si je leur donne raison, pour une fois, à ces quelques si beaux humains qui ne me détestent pas, pour lesquels je ne suis pas rien, et qui me le prouvent, encore et toujours, malgré tout, malgré le peu que je leur offre, malgré mon obstination à m'abîmer et à tout faire pour tenter de les convaincre qu'ils se trompent.
Si je garde vibrant et ne laisse pas s'éteindre, là, tout au fond de moi, le chant du rossignol.
 









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13 mars 2013

Noyade

 

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Peut-on mourir de trop de mots  coincés là, à l'intérieur ? Occlusion, suffocation, étouffement,  est-ce que ça peut finir comme ça ?
En tout cas...c'est pas de la vie. C'est comme une sale maladie, une lente agonie.
Ça fait mal, putain.  Le jour, la nuit, jamais ça ne s'apaise.

J'en meurs, je le sais. Bip......bip ..........bip...le cœur s'épuise, l'air se raréfie, le cerveau se nécrose.  L'abandon n'est pas loin.
Le renoncement.
La résignation au silence.
Crever, quoi. Puisque je n'ai jamais vécu que pour écrire.

Parfois la tentation est forte, presque irrésistible. Laisse tomber, je me dis. Profite de ce qui te reste de temps, débranche le clavier, oublie. Tant pis. Les mots finiront par se diluer, par s'évaporer, tu seras légère comme un ballon vide. Tu rentreras dans la ronde, au lieu de souffrir toute seule dans ton coin comme une conne, à prendre de notes inutiles, à chercher sans cesse les bonnes couleurs, les justes nuances d'un tableau à peindre, d'un témoignage à laisser, d'une voix à faire entendre dans l'assourdissant chaos du monde.

Oui mais non. Ce n'est pas si facile, de se couper les mains pour se libérer. De trancher dans le vif pour quoi ? un semblant de vie, avec des moignons muets ?
Non.
Je préfère encore souffrir, être lourde, grosse de cette marmaille de mots à naître nichée dans mes entrailles et qui me pompe le sang...

C'est peut-être normal que ça fasse si mal.
C'est peut-être les douleurs qui annoncent l'accouchement ?
Peut-être qu'il faut que je me résigne à la séparation, comme pour mes « vrais » enfants, que j'aurais voulu garder pour toujours à l'abri, dans la chaleur de mon ventre ?




Ou alors... c'est mon côté maso.  
Qui m'empêche d'écrire, et qui m'empêche d'arrêter d'écrire ?
Autopunition, puisque personne ne s'y colle ?

 



Ou alors, c'est juste de la lâcheté,
la frousse de froisser...
La terreur de la vérité ?

Rien à raconter qui ne soit pas sans risque.
Rien qui ne puisse me faire perdre le peu que j'ai encore.

Si je montre mes faiblesses,
ma solitude,
mes enchantements,
mes colères,
mes sentiments,
m'aimera-t-on encore ?

Même si je râle, doute, soupire, me révolte ?
Même insoumise ?









M'en fous.
Il faut que je m'en foute,
je DOIS m'en foutre.
Question de survie.
Tous ces mots tus me tuent.
Et tout ce qui n'est pas donné est perdu.



Alors banzaï, moussaillonne. Ôte tes moufles,
raffermis ton regard idiot de biche aux abois,
et cesse de geindre, bordel.
Tu n'es pas ça, cette pauvre chose coincée et apeurée qui n'ose pas lever le doigt, ouvrir la bouche, brandir le poing.
Tu n'es pas cette chose molle et passive qui n'existe pas quand Il ne te regarde pas.
Et qui se tait, qui se terre,
en attente d'on ne sait quoi, on ne sait qui,
un miracle, une assurance tous risques, un coup de pied au cul,
un formulaire d'autorisation de délirer ?



Allez, zou, sors de ton trou.
Secoue tes plumes, redresse-toi,
souris.


L'hiver est fini.

 

 

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22 janvier 2013

Suçons stylé

 

 

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09 janvier 2013

Apinouilleur !

 

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Cette photo n'est pas très belle, mais le message me plaît : 2013, année érotique !
Parce que hein, la fin du monde, la politique et la crise, y en a marre. Il est temps de s'amuser un peu.


Je vous (et me) la souhaite donc séductrice, joueuse et amoureuse, cette année qui commence.
Et en plus, c'est bon pour la santé.

 

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Nasdrovia !

 

 

 

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23 décembre 2012

Merry Chrismas

 

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Allez...courage, ce sera bientôt fini. Dans quelques jours on n'en parlera plus, et pendant les douze prochains mois on pourra de nouveau oublier tonton Roger et tata Suzanne qui votent Marine, le beau-frère abruti qui n'aime que son Audi et les neveux sages et surdoués qui font passer nos propres enfants pour des sauvages illettrés.
La carte bleue sera dans le rouge, on aura pris dix kilos, mais le devoir sera accompli, la tradition et la trêve à peu près respectées. La bonne conscience nous consolera d'avoir encore suivi le troupeau dans les boutiques et supermarchés, chez ces marchands du temple qui nous font adorer un vieux barbu obèse et nous emmènent bien loin de la crèche dépouillé de ce pauvre petit Jésus oublié de tous.
Très vite la vie « normale » pourra reprendre son cours, et on pourra s'engueuler avec son prochain si on en a envie. Ouf.  

Bon, j'arrête de râler. Il y aura aussi quelques bons moments à glaner, des sourires de gosses ou de grands-mères, des regards complices quand les jeunes sortiront « prendre l'air » en préparant discrètement leurs paquets de clopes, des assiettes et des verres pleins de bonnes choses, je n'aurais pas l'indécence de me plaindre quand d'autres seront seuls ou dans la rue.
D'ailleurs je ne me plains pas.
Juste je soupire. Ma façon aussi de respecter la tradition.
:-)



Bonne fin d'année à tous.

 

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20 décembre 2012

Et que la nuit tague

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Nasdrovia !
Sans plus attendre qu’une valse me vienne
Aux innocents les mains pleines
Arrache-moi
À moi-même
Pour ces recoins d’ailleurs où la nuit tague
Enfoncé dans tes reins vagues
Oublie-toi
Oublie même
Qui je suis, d’où je t’aime
Juste lire la pulsation de vie dans nos veines

Efface-moi
Efface-moi
De murmures
En cambrures
Et que la nuit tague


Non,
Sans plus attendre
Q’un fleuve ne charrie sa misère
Ou qu’un Saint-Esprit n’opère
Reçois-moi
Dans ta tanière
Pour les crinières de lunes et soleils fauves
Blotties au coeur de ta mangrove
Oublie-moi
Oublie même
D’où je viens, d’où tu m’aimes
Juste lire la pulsation des secondes chiennes

Efface-moi
Efface-moi
De murmures
En cambrures
Et que la nuit tague

Annule-moi dans le pur
Un murmure
Et la nuit tague

Nasdrovia !

Et j’entends
Ta voix qui chargée de violettes
Sort sa tenue de pompette
Prends mon feu
Allumette

 

 

 

 

 

*

(Schiele)

(Romain Humeau)

 

 

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17 décembre 2012

Pour les petits bras ?

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Cet accessoire « spécial fellation » croisé sur un site de sextoys (ben oui, faut bien que je prépare ma liste pour le Père No) me rend perplexe...

Est-ce si dur que ça de tenir une tête qu'il faille s'aider d'une sangle avec deux poignées ?
Ou alors... il y a peut-être des hommes allergiques aux cheveux, ou qui ont peur de s'emmêler les doigts dedans ?

Je ne sais pas...
En tout cas, une chose est sûre : celui qui me sort ça, il pourra se terminer à la main. Et ce sera de sa faute : impossible de rire avec la bouche pleine :-)

 

 

 

 

 

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15 décembre 2012

ni dieu ni maître

 

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C'était un réduit d'un mètre carré, caché entre cuisine et cellier, et fermé par une porte grillagée dans sa partie supérieure. Une sorte de niche basse sans doute destinée à l'origine à la réserve de bois sec ou de charbon, et qui avait été nettoyée et tapissée de moquette.

- Vous plaisantez ?
Il a levé un sourcil en gardant son air sérieux et j'ai compris que non. Il avait VRAIMENT l'intention de m'enfermer là-dedans. Et pas plus tard ni tout à l'heure ni un jour prochain. Il tenait la porte ouverte et attendait visiblement que je me baisse et y pénètre immédiatement.
Je l'ai regardé. Il m'a regardée. Je l'ai regardé. Il m'a regardée. Bref le temps s'est arrêté.

Impossible, je me disais. Jamais. Je suis claustrophobe . C'est un coup à devenir folle. Même pas une heure. Même pas en rêve.
Ses yeux ont noirci.  
Je suis entrée.


Une heure plus tard – ou étaient-ce dix minutes ? - j'étais devenue une bête sauvage. Une louve piégée. Un aigle mis en cage. Un thon pris dans le filet.
Manquant d'air, le nez collé au grillage, les genoux déjà râpés par la moquette rêche.
Refusant de croire à la réalité de son départ pour ce dîner avec ses amis, auquel je n'aurais jamais pensé ne pas participer. Quand il m'en avait parlé j'avais même été flattée, m'imaginant déjà amante officialisée,  réfléchissant à la tenue que j'allais porter, soucieuse de lui faire honneur.
Mais la maison était silencieuse.
Aucune lumière n'y brillait.
Et la porte d'entrée qui avait claqué ne s'était pas rouverte.
Il était bel et bien parti sans moi.

Une volée de bois vert (ou de bambou noir) ne m'aurait pas fait plus mal.
J'en avais le souffle coupé, la gorge prise en étau. Des larmes plein les yeux.
Et le ventre comme en feu.
J'ai lâché la grille et je me suis assise, les jambes serrées entre mes bras.
J'avais envie de hurler, de me cogner aux murs, d'arracher la porte, je me cramponnais à moi-même pour m'en empêcher.
Calme-toi, je me disais. Respire.
J'ai fermé les yeux, le front sur les genoux.
Bouleversée.
Affolée.
Perdue.

Nulle révolte, pourtant, dans le chaos qui m'habitait.
Le sentiment au contraire de recevoir enfin la monnaie de ma pièce.
D'être, pour la première fois, réellement prise aux mots.
Dépossédée de ma liberté, mon plus précieux trésor imprudemment mis en jeu, négligemment posé sur le tapis pour me rendre intéressante, pour corser la partie, persuadée que j'étais qu'Il n'en ferait pas usage, qu'il ferait comme les autres, qu'il se contenterait de s'amuser avec quelques jetons.
Perdu.


J'avais l'impression que l'espace se resserrait, que l'air se raréfiait.
Le besoin de me redresser, de déplier mes jambes était presque douloureux.
Il fallait que je me calme sinon j'allais craquer.
Je n'étais pas une bête. Je savais qu'il allait revenir et me libérer.
Je savais pourquoi j'étais là.
Tout était de ma faute.
J'étais à Lui, c'est moi qui l'avait dit, revendiqué, affirmé. Qui m'en étais vantée, comme pour le défier. Comme un « même pas chiche » insolemment lancé.
Ah ah.
Pauvre folle inconsciente. Trop habituée aux petits joueurs tièdes pour mesurer le risque d'affronter celui-ci. Trop sûre de tout connaître des hommes pour imaginer que l'un d'entre eux puisse serrer le collet et s'amuser de sa proie comme il l'entend, lui. Pas comme ça lui ferait plaisir à elle. Ni dans un doux compromis des deux.

Il m'avait eue, bien profond.
Tranquillement, sans bouger de chez lui. Avec les armes que je lui avais moi-même fournies.
Tout était écrit. Il n'avait pas triché, n'avait rien inventé. Il possédait mille preuves, mille envolées lyriques sur ma soumission, mon abdication de tout pouvoir, mon désir de ne servir qu'à Son plaisir.  
Il ne faisait que prendre son dû.
Sans tambour ni trompette, sans avoir besoin de spectateurs pour applaudir sa performance, sans jolie musique pour solenniser la cérémonie, sans costume de scène.
Juste en me reléguant là, dans ce cachot sombre et exigu dont il était  le seul à connaître l'existence et à posséder les clefs.


J'avais froid et soif.
Et une féroce envie de pisser, à laquelle je m'efforçais de ne pas penser. Ce qui avait bien sûr l'effet inverse.
Mais autre chose, aussi, me brûlait le ventre.
Une balle de feu irradiait là, sous mon plexus.
Une sorte d'exaltation, de terrible excitation.
La conviction d'être tenue par une main qui ne céderait rien, le sentiment terrifiant et jouissif  d'être face à mille fois plus fort et plus fou que moi.
Il ne se donnait aucun titre, il ne jouait aucun rôle. Il n'endossait aucune responsabilité. Il se moquait des codes, des règles, des majuscules.
Il n'exigeait rien de moi.
Rien d'autre que mon corps à disposition quand il claquait des doigts.
Rien de plus que ce que j'avais déposé à ses pieds pour le séduire, pour me vendre.



Quand il est revenu, un geste a suffit.
Les mots étaient désormais superflus.
Et les cordes, et les badines.

Et de se demander pourquoi je lui appartenais.







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07 décembre 2012

réédition

SéancesMajeures

 

C'est une drôle de coïncidence...     Hier j'écris un texte qui fait allusion à un chapitre de ce livre (et de ma vie), et aujourd'hui, paf, j'apprends qu'il est réédité par La Musardine.
Dingue, non ?

Pour être franche, je ne le relirai pas. Certaines pages me donneraient trop envie, je le sais, de me mettre des claques, de me moquer de cette soumise trop naïve, trop franche, qui narre son initiation et ses turpitudes avec une sorte de solennité et de « rigueur journalistique » à peine mâtinées, par endroits, de passages romanesques, et qui s'expose sans ombres, sans retouches ni flou artistique...
Si c'était à refaire, je ne l'écrirais pas, ou pas ainsi.

Mais bon...il ne m'appartient plus.
Et le passé ne peut pas s'effacer.

Cette soumise a existé.
Entière, passionnée. Un peu conne aussi parfois, vu d'ici, mais je ne lui en veux pas, au fond. Le cynisme n'est jamais une qualité. (Et puis je ne suis pas sûre d'avoir tellement changé.)
Et si je peux parfois regretter de m'être trop dévoilée dans ce livre, et dans des postures et des situations loin d'être toujours avantageuses ! - il me reste quand même la « Protection Suprême » : c'est aussi un roman.
Et moi seule sait où se cache le faux dans tout ce vrai.

 

 

 


En vente ici
(et dans toutes les bonnes gares.)













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reddition

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 -Pour une fois, il n'y a pas de voisins. Vous pourrez crier.

Bizarrement, cette nouvelle ne déclenchait pas en moi un fol enthousiasme.
Je n'ai pas réussi à sourire, ni à partager sa légèreté devant ce constat-là.
Peut-être parce qu'il m'attachait serré, et que je n'osais pas lui rappeler que je n'allais pas m'envoler. Je m'étais préparée au pire, pensait-il vraiment que j'allais tenter de m'enfuir ou de me dérober ? N'avais-je pas traversé les montagnes pour me livrer à lui dans son repaire isolé, au mépris de tous les dangers ?

J'ai grimacé quand la corde a mordu ma cheville et, instinctivement, j'ai contracté mes muscles et tiré sur le lien pour tenter de préserver un peu de jeu, un minimum d'espace entre l'entrave et ma peau.
Trop tard. Il avait déjà terminé son nœud et attrapé ma seconde cheville, qu'il éloignait de la première puis attachait au pied du lit avec un autre morceau de corde, de toute évidence préparé à l'avance.
En quelques minutes, j'étais immobilisée sur le ventre, écartelée en X, mon champ de vision réduit à ce que je pouvais apercevoir du coin des yeux en soulevant un peu ma tête en arrière.
Et dans lequel Il n'apparaissait pas.

Forcément, puisqu'au même moment je l'ai entendu fouiller dans un tiroir au fond de la pièce, derrière moi.
   - Vous vous souvenez du premier refus que vous m'avez opposé ?
Je ne me souvenais même pas de lui avoir dit non un jour. Ou qu'il m'ait jamais laissé le choix de quoi que ce soit.
    - Réfléchissez bien, a-t-il dit en constatant que je restais silencieuse.

J'ai retrouvé la mémoire quand il a refermé le tiroir d'un geste sec, comme si ce bruit me ramenait plusieurs années en arrière, dans une chambre où il m'avait fait découvrir les accessoires qu'il possédait, et certaines sombres facettes dont je n'avais jamais soupçonné l'existence.
C'était si loin... Comment pouvait-il encore me reprocher ma réticence, mes suppliques pour qu'il ne fasse pas usage de ces gros godes qu'il avait alignés sous mon nez en me demandant de choisir ?
Ne les avait-il pas remballés aussitôt, sans insister ?  M'avait-il permis de deviner une seule seconde que mon attitude l'avait tant contrarié ?

Allait-il me faire croire qu'il les avait trimbalés jusqu'ici dans son sac à dos, et qu'il allait me les resservir comme un plat refroidi qu'il aurait juré de me faire terminer ?

- Alors, ça ne vous dit toujours rien ? A-t-il murmuré en caressant mes fesses et me faisant frémir comme sous l'impact d'une vague chaude.
- Si, ai-je répondu dans un souffle, avant de fermer les yeux pour mieux sentir sa peau contre ma peau, la lente arabesque de son frôlement, la promenade par monts et par vaux de sa main au velours trompeur.


- Vous comprenez la nécessité de cette séance de rattrapage, n'est-ce pas ?
J'ai baissé la tête, planté mon front dans le matelas avec accablement tandis que mes reins se cambraient, que mes cuisses se tendaient, que ma fente, indifférente au danger qui la menaçait, bavait en toute impudeur autour de ses doigts tendus.
J'ai acquiescé d'une pauvre voix de condamnée.
Oui, je comprenais.
Je comprenais que j'avais encore sous-estimé sa cruauté, sa ténacité, sa capacité à me surprendre, à m'attaquer par la plus mince, la plus ancienne des failles.
Je comprenais que cette fois, je n'y échapperai pas, et que j'avais été bien naïve de croire qu'il m'avait fait venir pour me récompenser d'une quelconque façon, ou pour m'offrir la réalisation du vieux fantasme de la soumise choyée, guidée avec douceur dans les caves chauffées d'un donjon balisé.
Je comprenais pourquoi je le craignais,
pourquoi je l'aimais tant.
    

Ça ne m'a pas empêchée de geindre un peu, bien sûr.
De ruer, même, dans la mesure de mes moyens, quand il a placé l'extrémité du second à l'entrée de mon cul, qu'il avait pourtant pris soin d'assouplir et de lubrifier.
D'étouffer un long non en me mordant les lèvres.
Mais ça n'a rien changé.
Rien n'a freiné la poussée de sa main.

- Allons, pas de cinéma... Nous savons désormais moi et vous – ainsi que ces deux hommes que vous avez bien connus- que je ne vous demande rien d'impossible, n'est-ce pas...?






 

 

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02 décembre 2012

joliment songe

 

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Troisième sapin à gauche.
Ou bien était-ce des chênes, des châtaigniers ?
Peu m'importait. Le sentier était là, étroit, à peine visible entre les fougères, les broussailles.
Il avait plu, mes talons aiguilles s'enfonçaient dans le tapis de feuilles et se plantaient dans la terre meuble, les branches lourdes d'eau cinglaient mes jambes que ma minuscule jupe ne protégeait de rien.
Après quelques mètres, mes bas étaient trempés, mes chaussures boueuses, mon humeur furieuse. Génial. Alors que j'avais déniché un hôtel à moins de trente bornes de là avec tout le confort nécessaire. Alors que ça m'avait pris des heures pour trouver ces pompes à la cambrure parfaite. Et que j'avais évidemment refusé la bombe imperméabilisante que la fille avait voulu me vendre avec parce que je n'avais pas imaginé une seule seconde qu'elles fouleraient autre chose que des moquettes épaisses ou des parquets cirés.  
Manquait plus que je tombe sur un sanglier, la fête serait parfaite.
Ou sur un chasseur, tiens. Un bien vicieux et dégénéré, qui me saignerait après m'avoir battue et violée.

Ma colère n'était qu'une feinte, bien sûr. Un leurre qui ne trompait personne.
Au fond de moi ça gambadait, ça sautait les obstacles d'un battement d'ailes, ça tournoyait dans les rayons de soleil. Chaque pas dénudait un peu plus ma peau, faisait tomber les écailles de toutes mes autres identités, m'allégeait de mes masques, de mon armure, de mes mensonges. Le miracle recommençait.  Le Grand Dépouillement. L'unité de temps, de lieu et d'action. L'ici et maintenant, la voix unique, essentielle, primale, la seule qui reste quand toutes les autres se sont tues. Et qui chantait comme un pinson, rugissait comme une lionne, gémissait comme la bête qui a flairé son Maître.


Et de la fumée.
J'ai stoppé net, le cœur soudain broyé entre bonheur et terreur. Qui ne savait plus s'il fallait battre ou pas.
Oh putain.
Il était là, pas loin.
A m'attendre dans les entrailles de cette forêt profonde.
Seul.
Libre.
Dépouillé des vernis hypocrites, lui aussi.
Plus rien pour arrondir ses angles, pour adoucir ses griffes.
Pour retenir sa main, ou l'élan de ses hanches.

Je n'hésitais pas.
Mon immobilité était plutôt recueillement,
l'abandon de mes derniers repères. Le décrochage des derniers filins de sécurité.  
J'avais été prévenue. Je n'arrivais pas les yeux bandés, ignorante des risques que je courrais en empruntant ce sentier. Personne ne me forçait à grimper le volcan et me jeter dedans.
Juste lui et moi.
Le plus beau des Ogres, dans sa cabane de pain d'épices.
Et la forêt autour.  









*

(à suivre)
(titre emprunté à R.H)





 

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16 novembre 2012

Tea time

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12 novembre 2012

remonter la pente

 

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C'était un chemin glissant, piégeux, hérissé de cailloux pointus,
totalement hors piste.
Et je n'avais même plus l'excuse de l'ignorer.
Certaines cicatrices indélébiles étaient là pour me le rappeler.
C'est vers un enfer que je m'aventurais.

J'éprouvais une terreur nouvelle, que je n'avais pas ressentie les premières fois. Désormais je savais – au moins un peu – de quoi il était capable.  Je connaissais les jungles hostiles et les déserts de feu où il pouvait m'emmener, les caveaux sombres où il pouvait me garder captive et me torturer, les niches dans lesquelles il pouvait à tout instant décider de m'abandonner.
Mais cette peur n'empêchait rien.
Cette route, je l’eus faite à genoux, comme chantait Barbara.

 

 

 

 

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02 novembre 2012

Chère Dame,

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Vous aimiez les fleurs mais pas question de vous offrir des chrysanthèmes !
Cette jolie brunette à la rose (et au bourgeon fripon) me semble bien mieux indiquée pour égayer votre stèle.
 


J'espère que vous avez un bel automne,
et que vous prenez du bon temps.





Vous nous manquez terriblement.

 

 

 

 

 

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01 novembre 2012

Il arrive toujours un moment...

 

 

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...où il faut ouvrir les bras.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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31 octobre 2012

Délices de nos licences

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Il était quatre heures, au moins.
J'ai rejoint ma voiture en vacillant un peu sur mes talons aiguilles.
La ville dormait, pas moi. Hi hi. Trop bon.
Ma liberté me grisait davantage que la malheureuse bouteille de champagne que nous avions partagée. Ou peut-être  y en avait-il eu deux ?  
En tout cas, ce n'étaient pas ces bulles-là qui faisaient pétiller mon sang.
La nuit m'appartenait. Quelques heures volées plus précieuses que de l'or.

Ma conscience était aussi pure et pimpante que le ciel étoilé.
Malgré mes bas maillés, mes fesses meurtries, mes chairs encore cuisantes.
J'étais en paix avec moi et moi-même. Conjonction assez rare pour être fêtée, dégustée, éminemment respectée.
Tant de temps passé à se trahir pour ne pas faire de peine, pour ne pas faire de vagues,
pour ne pas avoir à trouver les mots introuvables qui expliqueraient et consoleraient.
Tant de lâches sacrifices dans nos vies d'adultes enchaînés, surveillés, bâillonnés,
plus fliqués au fond que des gosses ou que des prisonniers.
S'évader est un devoir sacré. Inscrit dans le Code d'Honneur du Vrai Guerrier.
Et je pouvais m'enorgueillir d'avoir encore une fois remplie ma mission.



J'ai ôté mes talons hauts et enfilé mes bottes.
Glissé ma clé USB dans le lecteur, allumé le moteur,
puis une divine cigarette. Roulée d'avance, qualité supérieure.
Bien jouée l'amie, je me suis dit. Au moins une qu'il n'aura pas eue, ce taxeur.
Sourire, marche-arrière, redressement, douce accélération, fluide glissade sur l'asphalte.

On se revoyait bientôt.
La vie était belle.

 

 

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