Vilaine fille

"...Fille folle, amante du vent... Boucle ton corset... Baisse bien la tête... Méfie-toi : Qui aime le vent engendre la tempête..."

29 janvier 2012

re-connexion

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Nous ne nous sommes jamais vraiment quittés. Rien ne sépare ceux qui s’aiment… surtout quand ils possèdent un téléphone qui capte internet :)
Mais cette fenêtre « publique » était fermée.
Et finalement, elle me manque.
Même si c’est plus confortable de n’être que spectatrice, même si le stylo me tombe des mains le soir, quand la fatigue m’assomme.
Mais le patronat scélérat et esclavagiste ne me musèlera pas !
Et puis…je vous dois bien ça. J’ai tant reçu pour avoir si peu donné, quelques mots de temps en temps, que je me sens débitrice. « Lourde de gratitude », allais-je écrire, avant de me souvenir des ces lignes de Gibran : « Et vous qui recevez - et vous recevez tous - n’assumez aucune charge de gratitude, de crainte d’imposer un joug à vous-mêmes et à celui qui donne. Elevez-vous plutôt avec celui qui donne, prenant son don comme si c’étaient des ailes. »
Des L, mais aussi des M, de N, de O, des P… j’ai tout l’alphabet pour vous dire merci.

Revenir…aussi pour qu’il puisse savoir que j’existe, celui qui me li(e)ra.
Celui qui m’a soufflé que c’est à moi de faire le premier pas.
Humblement, simplement. Comme une première épreuve.
Sinon comment pourrait-il deviner que je l’attends ?
Le rêve a besoin du verbe pour s’incarner.
A…B…C…D… j’ai tout l’alphabet pour tenter de lui donner réalité.



Un dernier mot pour vous alerter sur ce traité ACTA que l’Union Européenne a signé en catimini jeudi dernier, ce qui a entrainé la démission de l’eurodéputé Kader Arif rapporteur du projet auprès du parlement. Des manifestations ont aussi été organisées hier dans plusieurs villes de France et d’Europe, et une pétition circule, pour empêcher que le texte soit définitivement adopté en juin. Faites circuler l'info ! 

 

C'est bien expliqué ici : 


[faites tourner] ALERTE CITOYENNE: NON À ACTA... par partipirate

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16 décembre 2011

Jingle bells

Valery Bareta

 

 

 

 

Bonne fêtes et à bientôt !

 

 

 

*

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13 novembre 2011

Paisible naufrage dominical

 

 

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*

(Plonk & Replonk)

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08 novembre 2011

Mourra bien qui rira le dernier

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Voici la réponse de Charlie Hebdo aux messages de haine qu'ils recoivent (en plus des bombes incendiaires) et qui les accusent d'être "blasphémateurs homosexuels". Comme si ces deux mots étaient des insultes.

Une réponse qui dit " Oui nous le sommes.  Et tant pis si ça vous défrise la barbe. C'est notre DROIT."

(Il manque seulement un catholique intégriste sur le dessin. Un homo est généreux, c'est bien connu. Il aurait pu le caresser d'une main pour le faire patienter.)

 

 

 

 

*

(en titre  : Jacques Prévert)

 

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03 novembre 2011

Chat pitre

 

 

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31 octobre 2011

Rock in chair

Payton

 

Il m’a allongée sur le ventre et s’est plaqué à mon dos. J’avais chaud, j’étouffais. Avec ses genoux il a écarté mes cuisses. J’ai résisté, il a insisté, et m’a expliqué la situation pendant que sa main fouillait entre mes fesses et que ses doigts préparaient la place.

-    Tu es ma petite salope…je peux t’enculer toute la nuit si j’ai envie.

Il était déjà dedans. Je me suis cambrée en gémissant.

-    Tais-toi. Je ne te fais pas mal, je bande à peine.

Ce n’était pas la douleur qui m’avait fait gémir. Sa queue était en moi et, même à demi-molle, elle semait la révolution. Je me suis contractée. Il a continué à pousser ses hanches, à m’écraser sous son poids.

         - Laisse-moi passer. Ouvre-toi.

Sa voix était dure, impérieuse. Ma résistance le mettait en colère, je le sentais bien, mais comment faire autrement ? J’étais conditionnée à repousser l’intrus, à ne pas consentir, à être forcée. Il était le premier à me demander de lui accorder volontairement le passage et ça chamboulait tout. Décidément sa spécialité, le grand bouleversement. Il remuait toutes les cartes, changeait toutes les règles. Il ne disait ni ne faisait jamais comme les autres. La marque des grands hommes. Ou des grands malades ? Des fous dangereux ?
Mais l’heure n’était pas à ces questionnements. J’avais un chaos à gérer. Un feu d’artifice. Un incendie. Un afflux d’ordres contraires qui me paralysait.
Et cet homme à satisfaire. L’absolue priorité.
Cet homme qui bandait dans mon cul, et voulait plus d’espace.
Assouplissement immédiat. Honte bue, cul sec, comme une potion amère venant se mêler à l’embrasement général, et l’activant encore.

-    C’est bien… Encore.

J’ai gémi, grimacé. Ce n’était pas du jeu. Il prenait plus de place à mesure que je lui en cédais.

-    Tais-toi.  Je ne veux pas t’entendre.

Il pesait toujours sur mon dos, bougeant seulement les hanches, dans un lent va-et-vient conciliant, comme s’il m’accordait un peu de temps pour lui obéir et me dilater encore davantage.
Son anatomie n’avait  pas de taille ni de forme particulière, pourtant je griffais le drap, j’en appelais à Dieu, je cherchais l’air, bouche ouverte.
Le plaisir me tisonnait le ventre, irradiait d’entre mes fesses à la pointe de mes cheveux, courait dans mes veines comme une lave pétillante, inondait ma fente de jute brûlante

Il m’enculait avec une baguette magique, je ne voyais pas d’autre explication.




 

 

 

*

(Titre emprunté à Jacques Higelin)

(Photo Mike Payton)

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30 octobre 2011

Humour noir

 

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Savon pour enfants traumatisés

 

Peut-être que si tu sentais bon, tes parents t'aimeraient.

 

 

 

 

 

 

 

*

(horrible)

(j'adore)

:-)

 

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29 octobre 2011

L'immortel

G

(1921-1981)

Ayant avec lui toujours fait bon ménage
J'eusse aimé célébrer sans être inconvenant
Tendre corps féminin ton plus bel apanage
Que tous ceux qui l'ont vu disent hallucinant.

C’eût été mon ultime chant mon chant du cygne
Mon dernier billet doux mon message d'adieu
Or malheureusement les mots qui le désignent
Le disputent à l'exécrable à l'odieux.

C'est la grande pitié de la langue française
C'est son talon d'Achille et c'est son déshonneur
De n'offrir que des mots entachés de bassesse
A cette incomparable instrument de bonheur.

Alors que tant de fleurs ont des noms poétiques
Tendre corps féminin' c'est fort malencontreux
Que la fleur la plus douce la plus érotique
Et la plus enivrante en ait de plus scabreux.

Mais le pire de tous est un petit vocable
De trois lettres pas plus familier coutumier
Il est inexplicable il est irrévocable
Honte à celui-là qui l'employa le premier

Honte à celui-là qui par dépit par gageure
Dota de même terme en son fiel venimeux
Ce grand ami de l'homme et la cinglante injure
Celui-là c'est probable en était un fameux.

Misogyne à coup sûr asexué sans doute
Au charmes de Vénus absolument rétif
Etait ce bougre qui toute honte bue toute
Fit ce rapprochement d'ailleurs intempestif.

La malpeste soit de cette homonymie
C'est injuste madame et c'est désobligeant
Que ce morceau de roi de votre anatomie
Porte le même nom qu'une foule de gens.

Fasse le ciel qu'un jour, dans un trait de génie
Un poète inspiré que Pégase soutient
Donne en effaçant d'un coup des siècles d'avanie
A cette vraie merveille un joli nom chrétien

En attendant madame il semblerait dommage
Et vos adorateurs en seraient tous peinés
D'aller perdre de vue que pour lui rendre hommage
Il est d'autre moyen et que je les connais
Et que je les connais.

(Le Blason)

 

*

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Cette rose pour toi, qui (emmerderesses à part)
aimait tant les femmes,
même  les vilaines en sabots tout crottés.

 

 

*

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28 octobre 2011

Doit-on ?

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Exercice de style, qu’il disait.
Mouais… commode arrangement, je pensais. Un peu comme quand on donne un livre de coloriage aux enfants. Ça les occupe et pendant ce temps on peut faire autre chose.

Mais mon opinion sur le sujet lui importait peu.
Il m’avait accordé deux jours.
Et les heures défilaient à toute allure, ces garces.
Et plus j’y pensais, et moins j’écrivais.
Et moins j’écrivais, et plus j’y pensais.
Et, au lieu de pianoter sur le clavier, mes doigts attendaient, ballants, ou grattaient mes cheveux, mon oreille, mon nez. Ou roulaient un truc, tiens, y avait longtemps.
Mais ça n’occupe qu’un temps...

Alors j’ai fermé les yeux.
Et j’ai détaché mes mains de moi.
Elles ne m’appartenaient plus.
J’ai frissonné quand elles ont ouvert mes cuisses.
Quand Il a ouvert mes cuisses.
Comme la première fois. J’en avais encore le rouge au front.
Son petit sourire, ses gestes sûrs. La cinglante assurance de celui qui se sait dans son droit. Et mon corps, ce sale traitre, qui s’épanchait malgré ma bouche close. Qui lui racontait sans pudeur tout ce que je voulais taire.

Ma gêne n’avait pas stoppé son geste.  Forcément. Puisqu’ici-bas c’était en corole, glissant comme un toboggan.
Il s’était introduit, lentement. En observant dans mes yeux les effets de son avancée.  L’écarquillement. Le bouleversement. Les sourcils qui se froncent de honte. Le combat intérieur. Le vacillement du consentement. Le basculement dans le plaisir.


J’ai gémi de la même façon, seule sur ma chaise de gratte-papier mise au piquet. Les fesses au bord du vide, la tête en arrière.  Les genoux tremblants comme ce jour-là, quand il cadastrait son territoire, et me rappelait qu’il en exigeait l’entière jouissance.
J’usais de la même douceur, de la même sadique lenteur. J’allais aux mêmes profondeurs. Comme s’il me demandait de lui rappeler le détail de sa propriété.


Le rebondi de ma paume frottait au bon endroit. Un plaisant  hasard. Qui  a fini de me faire oublier la mission qui m’avait été confiée. L’urgence était ailleurs.
L’urgence était là, sous cette main qui était la sienne tout en étant la mienne.
Emettrice, réceptrice, coordinatrice, j’avais tous les rôles à tenir. Et tous ces plaisirs mélangés à déguster.  Tellement mieux qu’une page d’écriture.


Les yeux entrouverts, je fixais le vide en me mordant les lèvres. Il était face à moi, me signifiant d’un regard de ne pas faire de bruit. 
M’observant, tandis que la vague enflait.
Me giflant de ce mot murmuré qu’il employait parfois quand j’oubliais ma place.
Me retenant de force sur l’inconfortable, la trop confortable, la vertigineuse,  la sublime,  l’insupportable crête où les gestes saccadés de sa main me perchaient.

Puis m’autorisant, enfin, d’un battement de cils, à me laisser emporter.
Alors j’ai dévalé l’immense pente, arquée en arrière sur ma chaise-tapis volant.

Il a disparu dans le fracas d’écume, comme un mirage.


-    Bip bip ! faisait l’ordinateur.
J’ai atterri et repris mes esprits avec difficulté. Essoufflée, décoiffée, déculottée.
J’ai ouvert le nouveau message reçu en manipulant la souris avec mon doigt le plus sec.
Puis j’ai souri en lisant «  Il ne vous reste qu’une heure ».

Même pas peur.
Largement plus de temps qu’il ne m’en fallait pour cliquer sur « envoyer ».

 

 

 

 

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27 octobre 2011

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20 octobre 2011

Nous sommes les 99 %

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Tu reçois ta fiche de paye, tu la regardes à peine. Tu préfères encore ne pas t’attarder sur l’augmentation de 1 euro 78 qui t’a été accordée, pour ne pas t’énerver.
Les heures sup’ n’ont pas été payées, tu t’y attendais. Ce sera seulement du temps « récupéré », à des dates imposées.
Ce n’est pas de temps dont tu as besoin, mais tu n’as pas le choix, alors tu t’y plies.
Comme tu t’es pliée quand il fallu venir une heure plus tôt le matin. Et quand on t’a donné un deuxième rayon à remplir avant l’ouverture du magasin. Et quand on t’a traitée de grosse féniasse parce que tu n’y arrivais pas.

Tu fais un chèque pour le loyer. Un autre pour l’électricité. Un dernier pour le dentiste sympa qui patiente depuis trois mois.
Tu ranges ton chéquier. Ça y est, tu es à découvert. Tu changeras tes plaquettes de frein usées le mois prochain. Ou le suivant…

Heureusement, il y a des bonnes nouvelles aux infos du soir. La France est championne d’Europe en nombre de millionnaires. A la FIAC, les œuvres d’art se vendent comme des petits pains. Ces mêmes petits pains au lait à 0,80 centimes d’euro que tu ne peux plus acheter à tes gosses. Parce que c’est le prix de deux baguettes au Leclerc du coin.

Ça suffit, tu te dis.
Cette envie de vomir. Cette rage. Cette peur qui paralyse.
Cette honte. Cette impression que c’est de ta faute, cette vie de merde.
Ta dignité, qu’on te vole aussi.

Tu entends la rumeur qui gronde, qui monte. En Grèce, en Espagne, aux Etats Unis.
Ces diplômés, ces Mr et Mme Tout-le-Monde, ces retraités, ces travailleurs.
Ce ne sont plus seulement les RMistes-gauchistes-anarchistes qui brandissent le poing.
C’est le peuple. Les 99 % de fourmis ouvrières qui font vivre et engraissent quelques rois et reines accrochés à leurs privilèges comme des tiques au chien, peu importe s’il en crève.

Alors tu reprends espoir.
Tu lèves tes fesses du canapé.
Tu n’écoutes pas ceux qui ricanent.
Tu rejoins la foule en colère et tu serres ton poing.

 

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Révolution !

 

 

 

 

 

 

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18 octobre 2011

trucs & astuces

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Il n'est pas mal mais bon...pas de quoi en perdre le sommeil non plus.

Pas de quoi risquer des embrouilles avec Vous-savez-qui,  justement absent pour quelques temps.


L'imparable solution ? é-touffer la tentation.

 

 

 

 

*

(Photo Jean-François Jonvelle)

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16 octobre 2011

Présent

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Je n’ai pas eu droit à un retour en fanfare. Oh non. Dès qu’il est entré, j’ai vite compris que pour de tendres et  larmoyantes retrouvailles, il faudrait repasser. Même pas un bonsoir, même pas un baiser.  Un air réprobateur devant ma tenue, mon verre, ma cigarette, un claquement de doigts pour me signifier que ma place n’était pas sur le canapé, c’est tout ce que j’ai récolté en guise de bienvenue-tu m’as manqué-je suis content de te revoir.
J’ai ravalé ma joie et baissé la tête, les dents serrées pour ne pas pleurer, pour contenir la vague amère qui enflait soudain, lourde de trop de soucis, de colères et de déceptions, comme s’il venait d’y ajouter la goutte de trop, celle qui risquait de briser le fragile barrage qui la contenait encore.
-    Tu es toujours habillée ? il m’a demandé, d’un air faussement étonné, en se servant un verre après s’être débarrassé de sa veste.
Il était beau, l’infâme. Le regard assassin que j’avais levé sur lui m’est revenu en plein ventre, en un brûlant retour de flamme.
J’ai nerveusement ôté mes bottes, ma robe et mes dessous. Une fois nue, j’ai levé le menton, presque arrogante. S’il avait pensé me blesser avec son accueil sans chaleur, c’était raté. Il avait raison. Je n’étais pas là pour son amitié ou sa compassion. J’étais là pour ça, mon corps exposé, livré à sa volonté. Qu’il en use donc, puisqu’il n’y avait que ça qui l’intéressait !
Indifférent à mon air revêche et provocant, il a tranquillement terminé son verre puis, avec des gestes lents, il a ouvert son attaché-case posé sur la table basse.  La cravache était là, en diagonale, au-dessus de ses dossiers d’homme sérieux.
-    Tu te doutes bien que ta longue absence ne peut pas rester impunie…
Il y a eu un blanc. Rouge ardent à l’intérieur de moi. Et puis son regard, planté dans le mien, qui a happé mes dernières pensées. Ma rancune. Ma tristesse. Mon passé douloureux. Mon futur incertain.  Le plus beau des cadeaux qu’il pouvait me faire.

Il n’y avait plus que nous deux dans cette chambre hors du monde.
Et le présent.

 

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13 octobre 2011

Sans vous

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Sans vous, je me serais peut-être noyée.
Les forces m’auraient manqué.

Je n’aurais pas trainé toute la tribu à Auchan un soir à 21 heures pour acheter un nouveau câble d’ordinateur.
Juste pour Vous lire. Vous écrire. Ne pas rompre le fil. Rester désir, rester envie. 

Oublier un instant que la guerre est déclarée.
Comme dans ce film du même nom, pour sauver l’enfant.
Oublier la mauvaise peur, et l’impuissance.

Et sourire, même.
Parce que mon insolent message codé a été décrypté dans l’instant.
Alors qu’On se prétendait nul à ce jeu-là.
Fleurs en couleurs sur la neige de ma peine.
Se souvenir des saisons, des heures insouciantes qui reviendront.


Sans toi, précieuse guide-accompagnatrice, nous n’y serions jamais arrivées (et en avance, encore !)
Ta main tendue, comme si de rien n’était.
Comme si je le méritais. Alors que bon… peut-être que non.
Toi qui m’as encore donné du bois quand dans ma vie il faisait froid. Elle est à toi, cette chanson. Et mon infinie gratitude.

 

 

 

1122112 (...et ce discret petit bouquet :)

 

 

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07 août 2011

Eau pâle

 

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26 juillet 2011

A en déchirer la nuit

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Tu n’es pas mort, n’est ce pas ?
La lune est si ronde.
Et les étoiles comme des diamants.
Ne me dis pas que c’est juste un joli hasard.

Dis-moi que tu souris de mon ignorance, là-haut. Avec la main du bon Dieu posée sur ton épaule, qui te fait visiter les lieux.
Dis-moi que ta belle âme libérée est déjà allée voler au-dessus des arganiers, et revoir les ruches de ton père.

Comment puis-je survivre si je ne t’imagine pas enfin heureux ? Et toujours vivant, quelque part ?

Mon ami, mon aimé.

« T’es un ange », je t’avais dit un jour. Tu venais sans doute encore de me sauver la vie, de partager ton sandwich avec moi, ou une piste de job, ou ta boulette de secours.
Je me souviens de ton regard qui s’est perdu un instant, qui a laissé s’échapper cette douleur, ces souffrances que tu prenais si grand soin à ne jamais montrer ni imposer aux autres.
-    Alors j’aimerais bien retrouver l’enfoiré qui m’a piqué mes ailes…

Je veux croire qu’elles t’ont été rendues.
Au bout du tunnel, dans la Lumière où la vie (re)commence.
Là où tu seras riche d’avoir tout donné, tout partagé, tout surmonté sans jamais vendre ton âme. En ne retournant ta douleur et ta haine qu’envers toi-même.

Repose en paix, petit frère.
Merci pour tes rires, pour cette force gaie que chacun venait puiser en toi, et que tu offrais sans compter. Sans rien garder pour toi.
Merci pour ces leçons que tu me donnais quand je m’étonnais de te voir serrer la main des gros cons de racistes.
-    Tu voudrais quoi ? Que je me batte avec eux et leur donne raison ?
Non. Toi tu étais seulement encore plus poli, encore plus gentil, encore plus généreux. Tu apprivoisais et les « convertissais » en douceur. Tu leur apprenais à ne plus avoir peur de l’Etranger. Tu ébranlais leurs certitudes bien plus efficacement qu’avec cette seule colère éructée que je parviens à leur opposer.
Et tu gagnais tous les cœurs.


On se reverra, Inch’ Allah.
Là-haut ou dans une autre vie, qui sait ?
On se croisera et paf !, on s’aimera encore.
Comme dans cette vie-ci, façon coup de foudre.
Les atomes qui se crochètent immédiatement, comme s’ils se reconnaissaient et se tapaient dans le dos, tout contents de se retrouver.
Tu te souviens ?
Dès le premier soir, on a pris la tangente.
Moi je conduisais, toi tu roulais.
Jusqu’à l’aube, juste bien, juste ensemble.
Comme deux mains qui se rejoignaient.

Ce soir la mienne est vide, ouverte vers la lune si ronde.
Je t’imagine assis, tranquille, derrière le gros hublot lumineux.
Déjà copain avec toutes les hôtesses.

Pars, mon Beau.  Envole-toi.
J’ai senti ton baiser, si léger et si doux, frôler mes lèvres.
Ton dernier cadeau.
Un espoir,
un doute qui change tout.

Un adieu,
comme une  promesse.



 

 

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14 juin 2011

mille brûlures

JeanLoupSieff

 

 "Mille rêves en moi font de douces brûlures."

 

 

 

 

*

Arthur Rimbaud

*

(photo JL Sieff)

 

 

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07 juin 2011

Appelez-moi Indiana

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Croyez-moi les filles, la vie à la campagne, ça vous endurcit.
Ou alors ça vous traumatise à tout jamais.
Je sais pas encore.
J’oscille.
Attention. Ames sensibles s’abstenir.

Hier, je sors de mon bain.
Frileusement, je m’enroule vite dans ma serviette géante.
GRACE A DIEU, cette fois-là, le téléphone se met à sonner dans le salon et je la relâche presque immédiatement pour courir décrocher. (Nue et ruisselante, oui. Mais ce n’est pas ici que se situe  la scène d’horreur. La chevauchée de l’hippopotame sortant de sa mare peut être gracieuse, je vous signale.)
Je retourne dans la salle de bain.
Et là que vois-je ? Sortant tranquillement de sous les plis de la serviette gisant sur le sol ?
C'est-à-dire sur le côté qui était justement posé sur ma peau nue quelques secondes plus tôt ?
Ça.
Un monstre hideux et crochu.
Plein d’horribles pattes.
Aaaaaaaaaaaaaaaahrg.

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Tout mon sang se change en glace. Un frisson de dégout court sur mon échine.
Mais c’est elle ou moi.
Guerre de territoire.
C’est MA salle de bain. Pas question de fuir devant l’abjecte intruse.
Et puis il faut que je récupère une culotte dans le tiroir de la commode !  Le livreur de la TNT va arriver, il vient de me dire «  à tout de suite » au téléphone !
Oh putain. Pas le choix. Pas le temps d’attendre que mon superman revienne du travail. Faut affronter le monstre. Et gagner. Pas de quartier.

Alors j’ai attrapé une babouche. L’arme préférée des soldats les plus féroces et les mieux entrainés, c’est bien connu. Et j’ai frappé pendant que l’ennemie tentait de fuir.
Ecrabouillage dans les règles de l’art.  Juste assez brutal pour le monstre crochu soit stoppé dans sa course et estourbi, et juste assez doux pour que des boyaux ne s’étalent pas partout. 
Et puis je ne suis quand même pas cruelle à ce point-là. La pauvre bête n’a rien fait de mal, hein, après tout. Elle ne mérite pas de mourir (et surtout pas dans MA salle de bain).
N’écoutant que mon grand cœur, et ne voulant pas froisser Bouddha, j’ai donc surmonté ma répulsion pour évacuer l’Affreuse assommée dans une petite pelle (tenue à bout de bras et en grimaçant), et je suis allée la rendre à la Nature et à son destin dans le pré.

Je n’en doutais pas.
Les Nettoyeuses toujours affamées allaient lui faire un bon accueil.


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Sourire (sardonique, oui, j'avoue :-)

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22 mai 2011

Le temps des cerises

 

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14 mai 2011

"Jouis de ce que tu peux...

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...supporte ce que tu dois."

 

*

(Goethe)

 

 

 

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